Merci encore à ceux et celles qui sont venus nous faire la surprise

A très bientôt
En vélo à travers l'Asie du sud-est

On efface tout et on recommence... La disparition de notre blog n'etait en fait qu'un probleme du site et on a decide (une fois la mauvaise humeur appaisee) de se remettre au boulo pour un petit article. Il s'avere qu'on doit attendre une journee de plus a Chiang Mai que le velo de Stephanie soit pret avec du tout nouveau, tout beau matos donc on a un peu de temps a tuer. Et comme 1) les temples, on en a un peu marre et, 2) les reperages shopping sont presque termines aucune excuse pour ne pas "bosser" un peu. De toute facon, on doit bien l'avouer, on aime ca. Donc voila un petit article avec peu de mots mais plus de photos...
Pour ceux qui n'ont pas eu la newsletter en resume:
Le Laos c'etait GENIAL, pour ceux qui ne savent pas ou aller pour les prochaines vacances, et bien ne cherchez plus. En un mois on a speede comme des oufs pour tout voir et il aurait fallu une semaine de plus pour fignoler et se reposer un peu plus entres les grosses etapes de velo. Apres le Vietnam et la circulation infernale, le Laos passe pour un havre de paix paradisiaque pour le cyclisme. Les routes sont toutes neuves, et la circulation quasi inexistante, sinon pour les paysages, on en parle pas, on vous laisse admirer les photos de l'album.
Donc apres Tad Lo et le tour en elephant, nous sommes descendus en deux jours vers l'extreme sud avec Fred et Anne (les deux cyclistes belges rencontres a Tad Lo). On a commence par une halte d'un apres-midi a Champasak afin de visiter un vieux temple de l'epoque d'Angkor qui tombe en ruine.


En fin de journee, petite promenade dans la petite bourgade de Champasak...

Le lendemain, on filait encore un peu plus au Sud pour aller se poser sur le Mekong dans un endroit appele les 4000 iles, plus precisement sur Don Det. Cet endroit, c'est l'ile de Peter Pan version roots attitude, tongue, sac de toile et tarpes. On y trouve tout pour une transformation graduelle de l'etat de l'homme a celui de tartiflette coulante: bungalows, hamacs, soleil, silence et meme donuts. Nous, en bon sportifs presses de tout voir en un mois, on a partage les taches sur le seul jour qu'on avait sur l'ile, Stephanie le hamac et Arnaud les donuts.
Le seul hic par rapport a ces iles sur le Mekong, c'est qu'apres avoir traverse la Chine, l'eau n'a plus l'air tres saine (couleur brune un peu chelou), mais tant pis d'autres mamiferes profitent des plages de sable fin.

Apres une petite journee de relaxation, depart sans attendre le lendemain en direction de Pakse, dans un premier temps, puis de Ventiane (la capitale), le tout en bus. Comme on etait sur une ile, il a fallu d'abord prendre ce qu'ils appellent "le ferry".

Parti le matin tot de Don Det, on est arrive a Pakse vers midi. La, il a fallu attendre 20 heures pour prendre le bus de nuit qui allait nous emmener sur Vientiane. Toute la journee, on a subi une belle tempete, sans savoir que c'etait, en fait, le gros cyclone qui avait devaste le Vietnam deux jours plus tot. Heureusement qu'en Suisse certaines personnes regardent les infos pour nous dire ce qu'il se passe dans le pays d'a cote...
De notre sejour a Vientiane, on aura pas retenu grand chose, la ville n'est pas super jolie et il n'a pas fait tres beau donc bof. On a quand meme ete visiter le celebre temple de la ville dont on ne se rappelle plus le nom mais dont on a la photo.

On a egalement profite d'une fenetre meteo pour aller voir le jardin des bouddha


Le temps ayant fini par s'ameliorer, nous avons pu finalement repartir en velo vers le nord. 
En deux jours, nous avons rejoint la surprenante ville de Vang Vieng se trouvant au milieu d'un vrai decor de cinema.

En arrivant, apres 108km un peu crevant on tombe au milieu de dizaine de bars et de restaurants pleins de touristes en lethargie. Au menu, space cake, the a l'opium, joints deja roules et happy pizzas. Le tout se deguste avachi sur des coussins en regardant la serie Friends ou un film au choix. Apres la douche donc, nous nous sommes poses dans un de ces restos, on a commande des pizzas (normales, sans le happy, Stephanie rit deja assez toute seule) et on commence a regarder un film qui venait de commencer, Harry Potter. Tout le monde autour de nous etait avachi dans ses cousins et vegetait la sans bouger plus que le bras pour attraper la biere. On s'est dit alors qu'ils devaient etre la depuis quelques jours, nous on etait assis bien droit. Apres trois films et deux litres de biere (lao lao cocktail pour Steph), nous avons trouve la posture locale tres agreable, mais on est quand meme rentre dormir a l'hotel. De jour ca ressemble a ca...
Donc
Le lendemain (mal de tete) nous avons continue la vie de savatte entamee la veille par une descente en bouee de 3 heures sur une riviere avec arrets fruit shake et balancoire en route. Admirez tarzan



Le lendemain on a refait le tubing, parce qu'on avait oublie l'appareil photo le jour d'avant... et aussi parce que c'etait vraiment trop rigolo. Le jour suivant nous devions quitter cet endroit de perdition, mais il a plus tout la journee, alors ce fut films toute la journee (mince alors!)... Autant dire que les premiers kilometres lorsqu'on a reprit la route furent difficiles...
Trois jours et quelques cols a 1400m plus tard, nous sommes arrives a Luang Prabang, avec un francais cyclo-tourdumondiste parti depuis 2 ans et rencontre en route dans un petit bled paume en montagne.
Quelques photos de cette jolie ville au bord du Mekong (tiens encore lui)



Comme notre visa arrivait mechament au bout (validite jusqu'au 18 octobre), nous ne nous sommes pas attardes trop longtemps avant de reprendre la route, et ainsi profiter encore au maximum des belles routes et des paysages magnifiques du Laos. Le trajet en trois jours, devait nous amener a Luang Namtha (le 17), une petite ville a la fois pres de la frontiere chinoise et thailandaise.


Le lendemain (le 18) on avait prevu de faire la route en bus vers la frontiere pour entrer juste a temps en Thailande. Mais ca c'etait sans compter l'etat de la route...180km de chantier, avec des machines partout, des glissements de terrain qu'ils n'arrivent pas a contenir, de la boue partout, des flaques super profondes, et le ravin. C'etait l'enfer, on a pense plusieurs fois qu'on y resterait! Heureusement pour nous, 1) il n'avait pas plu depuis deux jour donc on a pas du pousser sur le premier bout qui etait le pire (par contre trois mecs sont sortis pousser plus tard dans une montee), 2) le bus etait muni de pneus tout
terrain, ce qui ne l'empechait pas de glisser comme sur la neige, 3) notre chauffeur etait super doue et
pilotait son engin mieux qu'un coureur de rallye, et c'etait vraiement du rallye! Pour ne pas rester coince dans la boue, il devait accelerer comme un malade avec le cul qui chassait et le ravin a cote. Bref on se demande pourquoi ils ont pas carrement ferme la route pour le chantier.
En comptant les pannes, les arrets pour mettre de l'eau sur les freins, et ceux pour faire monter et descendre les pasagers, on a mis exactement 12h pour parcourir les 180km. Le mini-bus etait surcharge, on etait coince au milieu des cartons et des courses des differents locaux qu'on lachait ou prenait en route, et au milieu des moustiques qui ont eu la chance de faire un voyage VIP avec repas "all you can eat"! Un grand moment de motion...



Arrives en Thailande, nous avons continue en velo en direction de Chiang Mai avec en route plusieurs visites, dont le centre d'entrainement pour les elephants, a Chiang Dao (bien du courage a ceux qui veulent retrouver sur une carte tous ces noms de villes qui ne vous disent rien :-).


Bon! On va vous laisser la, un foot-massage nous attend
Ca y est, cette fois on a vraiment quitte le Vietnam juste avant l'expiration de notre deuxieme extension de visa... Nous voila donc au Laos, a Pakse pour etre precis, pres du plateau du Bolaven, repute a juste titre pour faire l'un des meilleurs cafes du monde. Nos premieres impressions sont excellentes, les gens sont gentils et tres souriants, les paysages sont beaux mais hop hop hop pas trop vite, pour commencer, retracons tout de meme en quelques episodes la fin de notre voyage au Vietnam...
Depuis Hanoi, ou on avait passe quelques jours a ne pas faire grand chose, il nous a d'abord fallu redescendre jusqu'a Hoi An en train pour aller recuperer nos beaux velos. Cette fois, pas question de se retaper le trajet sur des sieges inconfortables tout pourri, on a pris l'option "hard sleepers" comme ils disent (pour les gueux classe superieur) parce qu'il ne restait plus de "soft sleepers". Une fois montes dans le train de nuit, on a vu nos couchettes, six par cabines et comme on etait place en haut, pas moyen de s'asseoir (meme pour Stephanie qui est reputee pour sa petite taille :-). Pas terrible mais on allait pas se laisser abattre, apres presque trois mois passes au Vietnam on avait un peu l'habitude du systeme, a nous d'en tirer profit... Ainsi, une fois le train parti, il nous a suffit d'aller voir une des responsables de la voiture (il y a environ trois employes par wagons, n'oublions pas que c'est un pays communiste) et de lui faire comprendre qu'on aimerait bien avoir une place dans les soft sleepers. Environ 15 minutes plus tard on etait installe dans nos nouveaux appartements de riches touristes opulents en compagnie d'un couple d'Australiens tres discrets, non sans avoir glisse quelques billets dans la poche de l'employee bien entendu. Et pendant ce temps, des personnes qui etaient assises sur les sieges, ont paye elles aussi quelques billets pour pouvoir etre placees dans nos anciennes couchettes. Un petit commerce parallele tenus par les employes des trains pour arrondir leur fin de mois... Et comme non seulement ca marche bien mais en plus c'est mois cher de faire de cette maniere, certains voyageurs prennent systematiquement des billets pour la classe en-dessous de celle qu'ils veulent et s'arrangent ensuite avec le staff a moindre frais. Bref, tout le monde est content. Enfin, sauf peut-etre la compagnie, qui de toute facon appartient a l'etat, qui lui est encore plus tout pourri par la corruption jusqu'aux dernieres strates de sa hierarchie.
Apres 17 heures de trajet, nous sommes arrives a Danang, ou il nous a encore fallu une heure de bus pour rejoindre Hoi An. On y est alors reste deux jours, histoire de se motiver a refaire un peu de sport en faisant une indigestion de mousse au chocolat et de petites patisseries d'un tea-room francais. On a aussi passe un apres-midi sur nos hamacs a la plage et profite du nombre incalculable de tailleurs pour se faire faire des pantalons sur mesure. Arnaud qui avait son pantalon prefere tout abime en a refait faire un exactement pareil pour une vingtaine de francs en trois heures et Stephanie s'est fait elle deux pantalons 3/4 pour 10 frs piece. Finalement, la grande difficulte de ces deux jours ca a ete de passer devant les boutiques de sac-a-main et de chaussures sans regarder ni a gauche ni a droite en se repetant "tout ce que tu achetes tu dois le porter, tout ce que tu achetes tu dois le porter"... pour Arnaud c'etait plutot: "tous ce que tu achetes tu devras le digirer" (ouais parce que moi les sacs a main... pffffffffffffffff).
Apres deux jours de rien pouvoir acheter, on se lasse vite, donc c'etait parfait pour enfin reprendre la route. On etait un peu inquiet quant a notre forme surtout que pour le premier jour on devait se taper un joli col bien pentu, un peu dur la reprise. Mais les premiers kilometres nous ont vite rassures, ca allait tout seul surtout qu'on etait tout content de se retrouver les fesses sur nos selles en cuir bien dures, et quand le moral est bon tout va. Par contre, on saura jamais si le col etait a notre portee, sur le coup on a bien loose... Explication. Pour avoir fait la route jusqu'a Hue en bus un mois plus tot, on savait qu'il y avait un tunnel tout neuf pour eviter le col mais on avait aussi constate qu'il etait pour le moment interdit aux motos et donc aux velos par la meme occasion. Nous nous etions donc resignes sans trop se poser de question a franchir la montagne en se disant qu'au moins on aurait une jolie vue sur la mer, de quoi faire quelques photos sympas. C'etait sans compter l'imagination fertile des vietnamiens quand il s'agit de trouver un moyen innovant de se faire un peu d'argent: au moment d'arriver a la bifurcation qui menait soit au tunnel soit au col, on s'est fait heler par un chauffeur de minibus (on se demande meme si c'est pas un de ses potes qui nous aurait vu sur le route et qui l'aurait averti parce qu'il avait vraiment l'air de nous attendre) qui nous a propose de nous emmener par le tunnel contre une somme franchement tentante: moins de 10frs en tout. Et la, meme si on se sentait un peu coupable, on avoue qu'on a accepte. Bon pour faire bonne figure, on a par contre decide d'aller d'une traite jusqu'a Hue plutot que de s'arreter dormir de l'autre cote de la montagne comme c'etait prevu a la base. Donc hop, une fois le tunnel passe on s'est remis sur nos velos pour le reste de la journee. Et tant pis pour les photos de la mer, de toute facon on en a tout plein et puis la mer c'est que de l'eau a perte de vue.
A Hue, nous sommes restes deux jours a se promener dans la ville et ses environs. C'est une ville chargee d'histoire parce qu'elle y a abrite toute une dynastie d'empereurs megalomanes coureurs de jupons donc il y a plein de choses a voir et a visiter. Ca pourrait etre par ailleurs une ville tres agrable a vivre, avec un fleuve, des quais biens amenages, des arbres partout, etc, mais malheureusement en tant que touristes on est constamment harcele par des chauffeurs de cyclos ou de scooters super desagreables, par des mendiants et des vendeurs de babioles plus agressifs les uns que les autres. Par exemple, un soir ou on se rendait au resto, deux jeunes cyclos ont fait mine de nous foncer dessus et de nous ecraser, comme ca, juste pour rire et parce qu'on on voulait marcher... Ils avaient a peine 20 ans et si a cet age ils ont autant la haine contre les touristes alors qu'ils veulent gagner leur salaire en les promenant, c'est plutot mal parti. Enfin bref, mis a part ca, les visites etaient super. Le premier jour, on a beaucoup marche en ville et a l'interieur de la citadelle.


Le deuxieme jour, on a fait un grand tour en velo pour visiter les tombeaux des differents emepreurs et comme il n'y avait quasi personne, a cote des photos classiques, on a pu meme en profiter pour faire quelques photos debiles en riant tres fort et en se tapant les cuisses.

Le troisieme jour, on s'est remis en route pour notre dernier jour sur la Highway 1 mais avant de quitter la ville on a voulu aller visiter un dernier temple tres connu de Hue qu'on n'avait pas encore pris le temps de voir. En chemin, un expat' americain en velo, la soixantaine, hirsute, tres bavard et extravagant, nous a rattrape et on a discute un moment avec lui. Il nous a accompagne pour la visie du temple dont voici une photo.

Apres, la visite c'etait super sympa parce que l'americain (qui a sans doute un nom mais on ne se rappelle plus lequel) a propose de nous emmener jusqu'a la Highway par un autre chemin, a travers des petits villages super jolis. C'etait vraiment une chouette ballade sur des chemins qu'on a jamais l'occasion de prendre avec les velos parce qu'il n'ya pas de cartes assez precise pour qu'on s'y lance dessus. On a meme pu voir une jolie eglise catholique, qui a la base etait dans la citadelle et qui a ete entierement remontee en plein milieu de nulle part.

Apres ce petit detour qui en valait la peine, on a repris la route et apres une nuit passee a Dong Ha (une ville au bord de la Highway) et un soupe degueu dont on ne parle pas, on a encore fait une journee sur une route bien plus tranquille pour rejoindre Lao Bao, ou se situe la frontiere avec le Laos. La, on y a pris alors notre dernier souper au Vietnam et a la vietnamienne, c'est-a-dire dans une immense salle haut de plafond, eclairee au neon, avec chaises et tables en plastique entoures d'hommes vitenamiens tous plus bourres les uns que les autres a se lever toutes les deux minutes pour vider une chope de biere cul sec en rigolant tres fort et en se tappant la cuisse. Bref, on a eu droit a un souper-spectacle bien marrant et des plus memorables.
Et voila, le moment de traverser la frontiere etait arrive, ce que nous avons fait le 19 septembre et qui a permi a Stephanie de passer son anniversaire un bout dans chacun des deux pays. Au moins c'est original parce que pour ce qui est de la journee elle-meme, on peut faire mieux pour une journee de joyeux anniversaire. Deja ca a mal commence quand on a ete dans l'impossibilite de trouver quelque chose a manger pour le petit dej. La soupe de nouille au sauter du lit, on s'y est toujours pas fait mais cette fois impossible de trouver du pain, on s'est contente d'un the. Bon ce qui a de bien, c'est qu'apres deux heures de velos on devient tout d'un coup beaucoup moins difficile et la brochette de poisson accompagnee de riz passe tres bien! Ensuite, a la frontiere on s'est fait avoir comme des gros naifs (enfin surtout Arnaud, parce que Stephanie a pris option tour organise sans responsabilite ;-) au moment de changer nos dongs vietnamiens en kips laotiens et on a perdu une cinquantaine de dollars dans l'affaire. Ca valait la peine de faire un article sur les arnaques pour se faire avoir encore betement par le dernier vietnamien avec qui on a eu contact avant de quiter le pays... Mais passons. Le reste de la journee a ete tres court, on s'est retrouve a 13h00 dans le bled le plus paume du monde (ou presque). On aurait bien continue un peu, mais comme il n'y avait pas de guesthouse avant 100km, on bien ete force de s'arreter la. On s'est alors ennuye comme des rats morts tout l'apres-midi en ressassant l'histoire du change a la frontiere tout en se beurant d'anti-moustique pour eloigner les assauts repetes de ces derniers et on a du aller souper a 17h30 avant que tout ne ferme. Autant dire que c'etait pas gastronomique, mais bon tout de meme, des brochettes avec du "sticky rice" (riz collant tres bon qui se mange avec les doigts). Et comme si ca suffisait pas, au moment de rentrer a la guesthouse, l'electricite qui avait ete coupee dans la region pendant la journee, n'a pas ete retablie avant 19h00 (et le soleil se couche a 6), et pas question de rester dehors a regarder les etoiles, la nuit la mort rode, elle s'appelle Malaria. Pff, un peu dur pour une premiere approche d'un pays inconnu!
Mais deja le deuxiement jour, on s'est dit que le Laos allait etre un pays dans lequel il allait etre bon de pedaler. Pour commencer, il n'y a quasi pas de circulation et les routes sont neuves c'est un vrai plaisir de rouler sans faire un bond de trois metres toutes les 10 minutes a cause des klaxons ou des chauffards. En plus, les gens sont vraiment tres gentils, tout le monde nous dit bonjour ou nous fait de grands sourires et on retrouve des enfants aussi mignons qu'au Cambodge (pas comme au Vietnam ou ils sont en train de renouveler la population avec une generation de gamins insupportables et super mal eleves... ca promet!). Et a part les gens, on voit aussi des quantites incroyables d'animaux a moitie domestique seulement: des chevres, des cochons, des boubous, des poules, des vaches, des chiens, toujours avec des petits et abolument partout (de preference au milieu de la route) c'est vraiment super sympa. On avait pourtant une longue journee puisqu'on a battu encore une fois notre record, 172 km (deux etapes en une), (c'est tres motivant quand c'est ca ou passer la nuit dans le deuxieme bled le plus paume du monde) mais ca a ete une journee vraiment sympa et tres agreable. Bon la, avec nos 20kgs de chargement chacun on se dit qu'on a atteint le maximum qu'on pouvait faire en une fois, on va pas tenter de le battre. Enfin bref, le soir vers 17h00, 11 heures apres etre partis, on est arrive a Savannakhet, une ville pas franchement jolie pour ne pas dire moche mais pas mal grande. On a fait le tour des hotels avec un vieil expat francais rencontre en chemin et apres ca, ca a pas traine douche, anti-moustique, souper et dodo.
Meme apres une nuit de sommeil, la ville ne nous paraissait toujours pas plus jolie donc on a decide de prendre illico le bus pour Pakse, et quel bus...
10h les velos et le packtage sont attaches a la fraiche sur le toit du tas de ferraille cense nous emmener. Petit tour du proprietaire; le bus doit avoir 30 ans, il est tout rouille et surtout tres charge. Pour supporter la masse de bagages amoncelee sur le toit, quatres barres metaliques et des linteaux en bois empechent le plafond de s'ecrouler. Tout grince, bien evidemment. Nous prenons place au millieu des boites de pieces detachees pour mobilettes, avec quelques autres personnes dont un homme portant un trelli de l'armee americaine, une vieille dame souffrant d'un je ne sais quoi qui lui fait une enorme boule sous le cou, et des quelques jeunes adultes ou vieux ados a la mode, jeans, veste et portable dernier cri. En plus du chauffeur et du controleur, un jeune homme responsable du chargement est assis sur un tabouret en plastique au milieu du couloir. Il est pas tres causant, mais sympatique, terriblement efficace, et il transpire des pieds, ce qui lui vaut d'utiliser tous les 5 minutes un de ses multiples petits chiffons qui pendent un peu partout autour de lui. Le trajet de 280 km a dure 7h, la musique a fond et les enceintes saturees, nous nous sommes arretes une bonne quinzaine de fois pour faire monter des gens ou pour charger du materiel, une dizaine de fois pour laisser monter les vendeurs de snacks et leurs brochettes d'oeufs louches grisatres ou de scarabes multicolors grilles, et une fois au bord d'un champ pres d'un petit temple pour la priere d'une jeune Laosienne, la meme qui s'occupait de la musique inaudible... En arrivant, le bus etait bonde, et le couloir encombrer de marchandises; des sacs de riz, des paniers d'asperges, des boites en cartons, un gros bidon de legumes, un enorme arbre a cames de camion, une tele, et le petit gars qui transpire des pieds. Autant dire que ce fut un trajet memorable dans une ambiance bien particuliere. Une tranche de vie du Laos de tous les jours, une experience trop marrante pour nous petits suisses habitues aux transports en commun rutilents, rapides et ponctuels.

La ville de Pakse est, comme on commence a le comprendre, a l'image du Laos et de ses habitants: pas tranquille, mais plutot letargique. La journee on voit pas trop de monde dans les rues (le soir non-plus d'ailleurs), au marche les vendeurs dorment sur leurs etalages sans complexe, la bouche ouverte et la tete renversee en arriere et personne ne s'enerve jamais pour quoique se soit. Quand il commence faire un peu moins chaud ca s'anime un peu, mais pas trop quand meme. En fait, c'est une ambiance vraiment tres particuliere mais plutot agreable, impossible d'eprouver le moindre stress ici, tout le monde est zen; deux de tension, un dans chaque bras! D'ailleurs on a tout de suite ete se faire un massage pour se detendre un peu et se mettre au diapason.
Apres une journee a Pakse, on a decide de faire un tour de trois jours sur le Plateau du Bolaven. Comme on allait faire une boucle on s'est allege de quelques affaires qu'on a laisse a l'hotel et hop c'etait reparti. Le premier jour on est parti tot parce qu'on devait faire environ 1000 m de denivele mais la ou on s'attendait a devoir gravir une montagne, c'etait en fait "juste" une pente assez douce sur une cinquantaine de kilometres, pour une fois beaucoup moins dur que prevu. Du coup en chemin, on a pu prendre le temps d'aller voir une belle chute mais a ce moment ca commence a se couvrir donc on la voyait pas aussi bien qu'on aurait voulu.


Avec ca, on etait a 13h00 la ou on etait cense dormir et comme il n'y avait rien de special a faire, on a decide de faire directement les 60 km (de descente) qu'il restait pour enchainer jusqu'a la prochaine etape. Apres une soupe de nouille, on s'est donc remis en route rapidement et on a pas traine histoire de pas arriver trop tard. Il y a eu un petit imprevu dans la mesure ou on s'est retrouve a un moment sur une route en terre et du coup il y a eu 20 km un peu sport mais pas trop terrible. Le probleme, c'est que sur des routes pareilles les velos n'arrivent d'ordinaire pas si vite et du coup on a cree une serieuse panique chez deux troupeaux de vaches. Dans les deux cas, elles ont commence a courir sur le chemin comme des deratees dans la meme direction que nous (allez comprendre) et on a du faire des freinages d'urgence pour qu'elles s'arretent et que les gamins qui en avaient la garde puissent leur courir apres et les recuperer. Nous on a trouve ca drole mais les vaches et les gardiens peut etre un peu moins...
Et voila nous somme arrives a Tad Lo, ou nous sommes restes deux jours a attendre qu'il fasse beau. Au debut, on etait quand meme bien decu par toute cette pluie surtout qu'il y avait moyen de se baigner pres de chutes et de faire quelques balades mais au final ca s'est avere deux jours vraiment super sympas. Premierement, notre bungalow etait chouette a un metre de la riviere et au milieu des arbres, une atmosphere bien agreable. Ensuite, on a decouvert le Jom Restaurant et fait la connaissance du jeune proprio, de sa femme et surtout de leur adorable fille de deux ans et demi. On y a donc passe, entre autres, un apres-midi entier a jouer aux cartes, a faire du baby-sitting, a apprendre comment faire le vrai caffe Lao et a regarder s'ecouler la vie du village, celle des etres humains mais aussi celles des habituels animaux.


On a pu aussi faire une promenade de 90 mn sur le dos d'une vielle elephante de 65 ans a travers des petits chemins de foret ou nous on n'aurait pas pu marcher sans se casser la figure 100 fois. C'etait impressionnant de se retrouver la-haut et de voir a quel point ces animaux tout lents sont aussi et surtout tres agiles et delicats. En plus, l'itinieraire en lui-meme etait genial, c'etait pas comme sur le parking d'Ouchy quand il y a le cirque Knie! Bref une chouette experience avec un ado pour guide, qui nous a montre toute sorte de petits animaux, surtout des papillons magnifiques et quelques phasmes enormes que nous mettions un quart d'heure a voir alors que lui l'avait vu depuis des plombes.

Et surtout, a Tad Lo il y a eu LA rencontre qu'on desesperait de faire au moins une fois au cours du periple. On a rencontre des gens qui nous avaient dit avoir rencontre d'autres gens qui eux-memes en avait vu mais on se demandait si c'etait pas une legende... mais non on en a vu aussi! Des cyclistes (Ann et Fred, un couple de flammand d'une trentaine d'annees) comme nous, avec des bonnes vieilles sacoches toutes boueuses! On les a rencontre au moment de faire nos adieux a l'elephante et le soir on s'est retrouve a notre quartier general chez Jom pour discuter de nos aventures respectives en sirotant des cocktails a base de Lao Lao (alcool de riz), de citron vert et de miel. Pour les connaisseurs ca ressemble un peu a la Caipirinha, sauf qu'ici ils les servent a la chope et pour moins d'un franc suisse. Vous ajoutez a ca de la bonne musique en fond sonore (ici c'est rare) et vous obtenez une vraiment tres tres bonne soiree! Et ils ont meme reussi a nous rendre jaloux puisque leur voyage se fait sur une annee: ils ont deja fait six mois en Amerique du Sud et ils sont en train de faire leur six mois en Asie. D'ailleurs, a partir de demain, comme on s'est apercu qu'on avait le meme programme pour ces prochains jours, on va faire un bout de route ensemble. Ca sera juste pour deux trois jours vu qu'ils vont rejoindre le Cambodge alors que nous on va remonter au Nord mais en tout cas on se rejouit bien!
Suite au prochain numero!
Lors d'un precedent article, on etait un peu decu de pas pouvoir vous montrer les photos d'une chute qu'on etait alle voir pres de Buon Ma Thuot a cause des CDs qui etaient restes dans nos saccoches a Hoi An. Maintenant qu'on a recupere velos et affaires, c'est l'occasion de tenir notre promesse et de vous les montrer dans ce nouvel "article" qui aura le merite, pour une fois ,de pas trop nous fatiguer...
Cet article se veut interactif, alors si vous voulez vivre l'experience incroyable d'une enorme chute d'eau au Vietnam, faite marcher votre imagiation fertile pour recreer l'ambiance chez vous. La meilleure proposition accompagnee d'une photo, se verra decerner un petit souvenir bien kitch de Bangkok plus une carte postale... C'est pas bien cool ca quand meme?!
En fait, ca sera le dernier article ecrit au Vietnam... sniff. En effet, on reprend les velos demain (on se rejouit mais qu'est-ce que ca va etre dur!) pour rejoindre Hue en deux jours faire une visite un jour ou deux puis il nous faudra encore trois jours pour rejoindre le Laos. La c'est a nouveau l'inconnu total, on ne sait pas ce qui nous attend et le maigre vocabulaire qu'on avait enfin constitue va devoir etre repris de zero. C'est dur la vie de roots.




Heureusement que le site de over-blog.com merde de temps en temps, ca permet de recommencer cet article qui pose quelques problemes d'intro depuis un quart d'heure. Donc desole pour la fausse alerte envoyee aux abonnes, et voici enfin celui dont vous attendiez impatiemment la venue, l'oeil aux aguets et l'index febrile. Donc qu'est ce que qui comment tout ca? voici la bete...
Vous avez sans doute deja lu l'article de nos aventures dans le nord, un article d'une qualitee exceptionnelle avec de nombreuses photos prises par un photographe professionnel dont on ne fait plus l'eloge, un article dont l'essence vous a transporte de votre petit bureau exigu eclaire au neon aux paysages paradisiaques des montagnes du Vietnam. Vous y avez decouvert un recit passionnant ideal pour la relaxation et la meditation :-) Voici maintenant un article sur nos "mesaventures"; un festival d'arnaques en tout genre dont nous avons fait un best of. Alors n'oubliez pas de cligner des yeux de temps en temps avant la fin de l'article sinon c'est la conjonctivite assuree ("Ah oui, et pour les individus qui me servent de freres et de cousins, il va falloir vous accrocher, parce que la il n'y aura pas d'image mais que des mots ;-)" Arnaud).
Des mots, et bien en voici quelques uns pour vous expliquer dans un premier temps comment fonctionne le commerce ici. Le Vietnam est un pays communiste, mais en ce qui concerne l'economie, le gouvernement encourage fortement le developpement selon le systeme capitaliste. Ainsi, les vietnamiens ont tres vite compris le fonctionnement de la libre entreprise, montant ainsi chacun leurs petits commerces perso dont les plus juteux, forcement, sont ceux qui tournent autour du tourisme.
Ainsi, de maniere generale, dans tout le pays, il existe deux echelles de prix; le prix vietnamien et le prix touriste. A moins de circonstances exceptionnelles inexpliquables (ca nous est arrive seulement une ou deux fois comme par exemple pour un repas copieux qu'on a paye 1 frs pour deux) le touriste ne pourra jamais obtenir le prix vietnamien. Et comme le prix touriste varie tout le temps, vous ne savez jamais a l'avance combien vous allez payer, et ceci pour tout ce que vous voulez acheter. Le prix touriste de l'eau, par exemple, peut varier du simple au double entre deux magasins, ou encore mieux chez le meme vendeur a deux heures differentes de la journee... allez comprendre. Comment faire alors, et bien il faut tout marchander et user de malice. Du moins essayer, parce qu'ici le marchandage ne fait pas partie de leur culture, tout comme la concurrence d'ailleurs, ce qui rend les relations entre acheteurs dubitatifs et vendeurs agaces souvent tendues. Exemple: vous avez quatre epiciers cote a cote sur la meme rue vendant exactement les memes produits. Et bien aussi bizarre que cela puisse paraitre, si le prix d'un produit ne vous convient pas chez un des quatre epiciers, aucun des trois autres ne vous proposera un meilleur prix, et vous repartirez sans rien acheter. Pourquoi? et bien simplement parce que si l'un d'entre eux baisse son prix aux depends des trois autres, il risque fort de finir avec le nez casse ou ,dans le meilleur des cas, de se faire sechement engueuler pas les trois autres. Il existe, par contre, deux types de commercants; ceux qui pensent que les touristes sont tres riches et qui ne flechiront donc jamais (au risque de ne rien vendre et de laisser passer beaucoup d'affaires), et ceux qui font de la concurrence a leur voisins au risque de se faire mal voir ou de devoir ramasser leurs dents avec leurs doigts casses. Pour la petite anecdote, un vendeur de casques a avoue discretement un jour bien vouloir les louer, contrairement aux accords passes avec ses voisins. Par conte, en dessous d'un certain prix il n'etait quand meme plus d'accord de prendre des coups par ses concurents. Voila, donc vous avez compris tout ceci est assez complique, et parfois fort enervant, mais avec un peu de patience, on arrive quand meme a trouver un prix touriste convenable pour les deux parties. Ca c'etait pour tout le Vietnam, maintenant dans le nord, il y a une autre specialite, c'est l'arnaque...
Et oui, c'est malheureux, mais depuis que nous sommes dans le Nord du Vietnam, on experimente presque tous les jours les mefaits de l'esprit tordu et avare de certains vietnamiens. Nous pouvons le dire, nous avons rencontre ici les personnes les plus malhonetes jamais rencontrees de toute notre vie. Et il arrive un moment ou la question d'argent en elle-meme devient largement secondaire par rapport a certaines questions, toutes simples (enfin de notre point de vue) mais tres importantes, de principes. Sans plus attendre quelques recits bien croustillants de nos petits problemes quotidiens...
C'est a prendre ou a laisser!
Un jour, a Hanoi, nous prenons un taxi pour nous rendre au musee d'ethnologie se trouvant en dehors du centre ville (tres beau musee monte par le musee d'ethnologie de Paris, meme pas chiant, mais un peu quand meme). D'apres le lonely planet la course aurait du couter 40'000 dongs pour un trajet d'environ 6km. Apres un quart d'heure de route (7km au compteur), et comme nous n'arrivions visiblement toujours pas, nous commencons a relever certains noms de rues et tentons de nous reperer sur la carte pour voir si nous roulons bien dans la bonne direction. Losque le compteur atteint 10km, on apercoit un lac sur notre gauche, prouvant derchef que le chauffeur etait en train de nous faire faire le grand tour. "Ah le salaud", on l'arrete, Arnaud lui montre la carte, lui demande pourquoi il a fait tout le tour du lac alors qu'une rue plus directe passait en dessous. Le chauffeur un peu surpris essaie de nous embobiner en disant "oui oui nous sommes bien sur cette route", mais petit probleme auquel il n'avait pas pense; si vraiment on etait sur la bonne route, on devrait avoir le lac sur notre droite, et non sur notre gauche. Commence alors une discussion animee entre Arnaud et le chauffeur, pas question de payer deux fois le prix pour cette courses alors qu'il a deliberement fait gonfler la facture. Le chauffeur nous dit "meter, meter" en nous montrant le compteur (qui indique passe 100'000 dongs), comme s'il n'etait pas responsable du prix, et qu'il fallait payer ce qui etait indique. Le ton monte "don't take me pour un con!", Arnaud sort 50'000 dongs, le tend au chauffeur en disant que c'est a prendre ou a laisser, le gars continue de dire "meter, meter". Tant pis, tu comprends rien mon petit pere, on pose l'argent sur le siege avant et on se casse, fache. Le chauffeur n'ose pas insister, il attend quelques secondes probablement a considerer la possibilite de nous ecraser, mais s'en va finalement, et nous parcourons encore 4km a pied jusqu'au musee...
C'est termine, on reprendra plus jamais le taxi dans ce pays (en plus on a quand meme eu du bol, parce que le mec aurait tres bien pu appeler des potes pour regler l'histoire dans une ruelle)! On est rentre en "motobike", c'est beaucoup plus simple, on fixe le prix de la course avant de partir, ensuite le gars prend la route qu'il veut, toujours la plus courte... forcement.
C'est un festival
A notre arrivee a Hanoi, nous avons visite plusieurs hotels, et notre choix s'est porte sur une jolie chambre tout comfort au dernier etage avec vue quasi panoramique sur le quatier. Le gars qui nous a fait visiter nous a assure que c'etait leur meilleure chambre, et que normalement, en haute saison, il l'a louait 20$, mais que pour nous il faisait le prix special de 14$ (merci mon prince).
Le festival a alors commence des la premiere nuit, a 5 heure du matin, avec un bruit assourdissant qui nous reveille. Dehors il pleuvait des cordes, une averse tropicale tres violente qui martelait le toit de l'hotel. En plus de la pluie et du tonnere, un autre bruit sourd attire notre attention vers la salle de bain et nous decouvrons avec surprise qu'une cascade tombe du plafond, les chutes du niagara version catastrophe d'interieur. Le plafond en lambris de plastique est mechamment bombe vers l'interieur et une quantite impressionnante d'eau se deverse dans la salle de bain, eclaboussant la chambre, qui elle aussi est victime d'inondation venant des fenetres qui ne supportent apparemment pas la pluie battante. Arnaud s'habille et sort pour avertir le gardien, et tombe sur une employee de l'hotel qui dormait sur un petit lit de camp devant notre porte... Bon, elle tombe bien celle-la, meme si on se demande ce qu'elle fout la. On l'a reveille et on lui montre que le plafond de la salle de bain est sur le point de ceder. Avec amusement elle nous fait signe de la main que c'est normal et retourne se coucher... Ah! Donc le probleme etait bien connu, et le gars nous a embobine. De plus nous avons su plus tard que cette chambre etait celle des employes (en attendant qu'ils fassent quelque chose pour le toit), d'ou la fille qui dormait devant notre porte. Le matin, on descend a la reception et on explique le probleme a la receptioniste (qui est aussi la manager), on parvient a se faire reloger dans une autre chambre et obtenons aussi la premiere nuit a moitie prix - "very sorry sir". Nous pensons qu'elle est vraiment sincere, elle avait parue surprise le jour precedent lorsque le gars lui avait dit que nous prenions cette chambre, mais n'avait probablement pas voulu interferer ne sachant pas ce qu'il nous avait dit. Entre nous, s'il n'avait pas plu, on aurait rien su du tout, c'est probablement le calcul qu'il s'etait fait.
Et le festival continue... apres une semaine passe a Hanoi nous decidons de prendre la route en moto pour le nord. On repere le magasin de location conseille par notre guide, on s'annonce pour le lendemain "pas de probleme, nous avons bien assez de motos", et le matin du depart nous demandons au receptioniste (la manager n'est pas la) d'appeler le magasin de location pour qu'ils ammenent la moto comme convenu. Pendant le petit dej, le meme gars prepare la note et essaie plusieurs fois de telephoner, mais sans succes, il n'y a personne nous dit-il. Tres bien nous attendons, Stephanie prepare les sacs, Arnaud va payer la note. Comme nous avons une certaine experience avec les vietnamiens, il faut tout eplucher ligne par ligne et nous decouvrons: deux bouteilles d'eau et deux fanta que nous avons jamais consommes, un diner compte 4 fois, un total de lessive tres eleve (malheureusement impossible a prouver), et la chambre du premier soir comptee a plein au lieu de moitie prix. On reprend cinq fois le total calmement et finalement on arrive au bon prix (et avec le sourire en plus, parce que c'etait vraiment comique plus qu'enervant).
Une heure passe, et toujours rien, le magasin ne repond pas. Entre temps Stephanie decouvre que notre produit douche achete deux jours plus tot est au trois quart vide... tiens tu l'as laisse coule sans faire expres au fond de la douche? non, et toi? ben moi non plus... bizarre, ils ont tous du venir prendre leur douche pendant qu'on etait pas la... A enfin le gars parvient a avoir quelqu'un au telephone, il n'y a plus de moto malheureusement, elles sont toutes louees. "Pas de probleme" nous dit-il "parce que je connais justement quelqu'un qui peut vous en louer une au meme prix". Arnaud lui dit qu'il prefere aller voir au magasin pour etre sur, apres le coup de la note et de l'inondation, il y a de quoi se mefier. Resultat personne n'a jamais appele le magasin et il y a bien sur plein de motos libres. De retour a l'hotel pour chercher les sacs, le gars de la reception a disparu, il est sorti faire une course...
Recto... verso
Premier jour de moto, nous allons visiter la "perfume pagoda". A l'entree du site nous achetons un ticket comprenant le trajet aller-retour en barque et la taxe d'entree. Arrives pres du canal, ou plusieures barques etaient amarees, un groupe de gens nous prend a partie et nous dit qu'il faut garer la moto avant d'aller plus loin. Bien sur, il faut payer pour le gardiennage, c'est normal, puis une jeune femme nous dit qu'elle peut nous emmener avec son bateau. Comme nous ne connaissons pas le principe, nous disons d'accord, mais celle-ci nous dit alors que comme on est que deux, et que son bateau peu contenir 8 personnes il faut payer les places vacantes pour un total de 200'000 dongs alors que notre billet indiquait qu'un aller-retour coutait 10'000 dongs par personne. La ca pue l'arnaque, mal ficelee en plus, parce que si on devait vraiment payer 6 aller-retour supplementaire le montant s'eleverait a 60'000 dong et non 200'000... La, on commence un peu a gueuler, et on menace d'aller demander des explications aux autortites se trouvant a l'entree du site. Le discours change alors radicalement et on nous dit qu'on peut prendre un bateau sans rien payer de plus un peu plus loin, et on nous y emmene meme en mobilette gratuitement. N'importe quoi!
Nous arrivons alors au debarcadaire officiel, avec les barques officielles, et ou un mec nous poinconne tres officiellement notre ticket. Nous nous installons dans une barque metallique, la meme que celle des arnaqueurs, et une fois dedans on s'apercoit qu'elle ne peut pas contenir plus de trois personnes, le niveau de l'eau etant deja bien haut, ahhh ils nous ont vraiment pris pour des couillons.
En rentrant, on revient rechercher notre moto (qu'on avait laisse chez les arnaqueurs) et on se prepare a partir. En voyant qu'on regardait la carte, le mari de la jeune femme et un de ses voisins viennent nous proposer leur aide, et nous indique tres gentillement le chemin pour rejoindre la route allant vers le nord, et nous previennent aussi que la prochaine ville est assez loin. Arnaud regarde l'itineraire, et effectivement c'est loin, beaucoup trop loin pour le soir meme, donc nous decidons de rester dormir dans cette ville. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, les memes personnes qui ont essaye de nous arnaquer plus tot dans la journee, nous ont propose une chambre a un prix tres raisonable, et nous ont invite a manger avec eux. Il a meme fallu se battre pour payer quelque chose en echange du repas. Et quel souper! la fille nous a fait plein de specialites de la region, on nous a offert du vin doux, on a discute, tout etait cool. Nous sommes meme aller boire un verre avec le mari dans un cafe en vogue du village. Une excellente soiree avec des gens finalement tres sympatiques, reste qu'on a pas tout compris a leur changement de comportement...
A la station service
Il faut une premiere fois a tout, voici l'arnaque a la pompe. Un jour, dans la montee vers Dien Bien Phu nous nous arretons pour prendre de l'essence dans une station. Il n'y a pas de jauge, a vue d'oeil il reste a peu pres la moitie du plein mais il vaut mieux s'arreter trop souvent que de tomber betement en panne. Pour une fois, nous restons assis sur la moto et demandons le plein avec 5% d'huile. La fille va derriere la pompe, et melange l'huile a l'essence dans un petit pot avant de revenir vers nous et y verser le melange dans le reservoir avant de faire le plein. Total 11 litres... tiens c'est bizarre on a vraiment beaucoup consomme, mais dans le doute abstiens-toi, on paie et on s'en va. Le soir, Arnaud regarde le mode d'emploi de la moto; capacite du reservoir 11 litres, et merde on s'est bien fait avoir. Avec la pratique, on a calcule que la fille avait du mettre facilement 5 litres de cote a notre insu. Le pire dans cette histoire, c'est que sur les quatre employees presentes ce jour la, aucune n'a dit quoi que ce soit. Depuis lors, on n'est plus jamais reste sur la moto pendant le plein: Arnaud suivait les moindres faits et gestes des pompistes alors que Stephanie surveillait les chiffres qui defilaient sur la pompe. On est devenu tres parano et c'est pas fini...
Mac Gyver
Arrives a Sapa, apres 6 jours de moto, on demande a faire laver notre linge a l'hotel, c'est 20'000 dongs pour 1kg, un peu plus cher que le prix normal, mais c'est plus simple que de chercher moins cher en ville, donc on donne le tout et on ne s'inquiete pas d'avantage du poid du sac de linge, on a deja oublie l'histoire de l'hotel a Hanoi. Lorsque le linge revient, on demande le poids, et la fille nous dit qu'il y avait 2.1 kg. Arrive dans la chambre Arnaud soupese le sac, il parait leger, alors on compare a bout de bras le poid du sac avec une bouteille d'eau de 1.5 litres. La bouteille est plus lourde, mais impossible d'en etre absolument sur. Que faire? Pas question de descendre aux cuisines avec le linge et de demander de peser le sac au risque de paraitre vraiment paranoiaque (meme si nous le sommes vraiment). Pas question non plus de les laisser s'en tirer comme ca sans rien dire, on avait justement decide de plus rien laisser passer. Il faut donc verifier, mais comment? La moustiquaire au-dessus du lit comporte une armature en alumunium dont une des barres est facilement demontable, celle-ci pourrait servir de base pour la fabrication d'une balance. Une fois cette barre degagee, la balance a ete facile a fabriquer. Il a suffit d'un point de contact etroit, le coin d'un tabouret pose en hauteur sur le lit, d'un etalon, une bouteille d'eau de 1.5 litre et d'une gentille assistante. Une fois le tout en place et en equilibre, c'etait facile d'estimer le poid du linge en fonction de la position du point de contact de la barre sur le coin du tabouret ; environ 1.4 kg

Ceci etant fait, on a pu aller en toute confiance vers la responsable de l'hotel et lui faire part de notre doute concernant le poid du linge. Apres discussion, elle demande forcement la verification, que nous faisons avec la balance de la cuisine, le poids est exactement de 1.42 kg. Encore un "very sorry sir". Depuis nous demandons toujours de verifier le poid du linge avant qu'il parte au pressing.
Et ma nuit romantique?!
Allez, une derniere de notre repertoire, et bien sur on a garde la meilleure pour la fin, accorchez vous celle-ci elle est bien gratinee.
En rentrant de notre tour en moto nous decidons de faire un tour dans la baie d'Halong, un site superbe classe par l'UNESCO, et donc TRES touristique. Il rapporte tellement d'argent que tout le monde veut avoir sa part du gateau, ainsi les agences de voyages et les hotels y proposant des tours organises se comptent par centaines a Hanoi. La baie est devenue, avec le temps, un grand bordel qui propose toutes sortes de prix et des prestations mirobolantes, avec malheureusement un taux de satisfaction souvent en-dessous de la moyenne. Etant devenu des paranos endurcis, nous avons choisi soigneusement une adresse qui etait proposee par le lonely planet, histoire de ne pas etre decu. Le prix n'etait pas plus eleve qu'ailleurs, voire meme bon marche, et la grande pub de l'agence, hormis le fait qu'ils etaient recommandes par le lonely et le routard, etait "you get what you paid for" (vous aurez ce pour quoi vous avez paye), qui en anglais a aussi un autre sens, et veux aussi dire qu'il faut assumer le fait d'avoir paye bon marche... Mais au moment de prendre le ticket, on pensait pas que cette deuxieme definition s'avererait etre la bonne.
L'organisation du tour devait se derouler ainsi; 1er jour visite sur un grand bateau de la baie avec baignade souper et nuit a bord, 2eme jour trecking, baignade, canoe, souper et nuit a l'hotel sur l'ile, 3eme jour retour sur le continent avec le gros bateau et baignade en route. Le premier jour, tout se passe tres bien, sauf qu'en fin de journee, le guide nous dit que tout le monde ne pourra pas souper et dormir sur le bateau le premier soir, mais que le lendemain ca serait possible, il y avait simplement une inversion dans le programme. Ok pas de probleme, tant qu'on fait tout ce qui est prevu, peu importe l'ordre.
Le lendemain a midi, de retour a l'hotel apres le treck, le guide vient vers nous et nous dit que pour des raisons de securite, il ne sera pas possible de dormir sur le bateau ce deuxieme soir non plus. Il nous parle dans un premier temps d'une personnalite politique qui serait en visite dans la baie et donc toute sortie en mer apres le coucher du soleil serait interdite. Un peu perplexe, on lui demande des precisions et le guide se perd dans une autre explication tout aussi louche sur d'eventuelles maneuvres militaires dans la baie prevue ce soir-la, a la derniere minute. Comme cela coincidait justement avec le jour de la fete nationale on s'est tous dit que pourquoi pas (on etait 8), mais le doute perstistait, surtout que des maneuvres militaires dans un site classe par l'UNESCO ca semblait quand meme un peu chelou. Quoiqu'il en soit, on restera donc sur cette ile et adieu au souper sur le pont du bateau et a la nuit romantique a la belle etoile (il faisait super beau en plus). Un peu frustre, on a quand un peu gueule en voyant qu'aucun plan de rechange n'etait prevu et que la moitie des activites passait a la trape. Le guide nous fit la remarque qu'on avait pas le droit d'etre fache et qu'il fallait qu'on soit content comme ca et point (un peu gonfle le mec).
Pas du tout convaincu par les explications vaseuses du guide, et parce qu'on commence a connaitre la tendance malhonete des vietnamiens, Arnaud a quand meme voulu verifier par lui meme cette histoire de militaire. Ainsi, apres la pause de midi, nous sommes partis en quete d'agence de voyage dans la ville sur l'ile ou nous etions cloitre. Tres vite nous trouvons ce que nous voulons. Nous nous faisons passer pour des touristes arrives le matin par vedette et souhaitant dormir a bord d'un bateau le soir meme. Nous decrochons alors trois propositions et la confirmation qu'aucune interdiction de naviguation n'a ete annoncee... Oh mais quelle surprise! On rentre a l'hotel, et on met au parfum les 6 autres personnes du groupe. Voila, la bombe est lachee, reste plus qu'a en decoudre avec le guide. Les negociations sont menees avec l'aide de deux americains tailles a la hache qui eux avaient en plus paye un supplement pour la climatisation sur le bateau. Apres d'autres mensonges et un essai de sortie acrobatique, le ton monte d'un cran, et voyant qu'il ne s'en sortirait pas en mentant d'avantage, le guide crache le morceau: son agence avait surbooke le tour, et il n'y avait tout simplement plus de place sur le bateau. Il nous a promis de contacter d'autres agences pour nous placer dans d'autres bateaux, mais n'en fit rien. Et de plus, son mensonge aussi enorme qu'il etait ne l'a pas empeche de se marrer avec ses potes tout le reste de la journee, en voici un qui ne connait pas le sentiment de culpabilite.
Avec les deux americains, on a decide qu'il n'etait pas question que l'agence s'en tire a si bon compte, surtout qu'en surbookant le tour, ils se faisient plein d'argent sur notre dos, la nuit et le repas a l'hotel etant beaucoup moins cher que sur le bateau. Cette histoire ne nous a pas empeche de passe trois jours geniaux et de rencontrer des gens supers sympa mais de retour a Hanoi, on est alle les quatre pousser notre gueulante a l'agence. Comme ici les choses se reglent generalement au fist fighting, le responsable de l'agence a du avoir peur en voyant trois gaillards de plus 1m90 rentrer pour se plaindre, surtout qu'on avait pas l'intention de prendre des pincettes. Il nous a rembourse 5$ chacun plus le supplement de la climatisation aux americains. S'il avait su comment ca se passait chez nous, ils nous aurait probablement envoye bouler et on serait reste comme deux ronds de flan avec un mechant sentiment d'injustice. Et Arnaud qui avait deja prevu de manifester son mecontentement en renversant une poubelle devant sa porte (copyright: un frere un peu enerve) ou en faisant un sitting devant l'agence pour faire fuir les clients... :-)
Et voila, si vous voulez encore d'autres histoires de ce genre, on vous en racontera d'autres a notre retour, autour d'une bonne biere ou d'un pastis bien frais...
Allez faisons monter les encheres, au premier qui nous paiera un verre on lui racontera en prime time l'histoire d'un americain rencontre en route qui a failli se faire poignarder par le responsable de l'agence chez qui il avait reserve un tour, et pour un verre de plus on vous fera vivre oralement l'incroyable histoire d'un couple d'anglais qui s'est fait foutre dehors de son hotel a cause d'un receptioniste vexe... Si on vous raconte tout maintenant, qu'est ce qu'on aura a vous dire en rentrant?
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