En vélo à travers l'Asie du sud-est
Bon pour commencer, on s'excuse pour toutes les fautes qui peuvent apparaitre dans nos articles on s'est rendu compte qu'il y en avait pas mal... Mais comme ca prend pas mal de temps a faire, vous comprendrez qu'on a pas toujours le temps de faire une deuxieme relecture ("ceux qui ne lisent que les dix premieres lignes de notre blog puis regardent les photos n'ont rien vu forcement... et dire que j'ai grandi avec ces individus" Arnaud).
Sinon pour ceux qui trouvent qu'on ecrit des articles trop long, la on vous a bien eu, on en a fait deux plus court pour le prix d'un enorme avec plein de photos. Le premier retrace notre trajet de Mui Ne a Dalat et le second parle de la ville de Dalat et de ce qu'on y a vu.
La derniere fois qu'on a ecrit un article nous etions a Saigon, on patientait avant notre rendez-vous chez le medecin... Bon comme on s'en doutait rien de grave un histoire de nez bouche qui se debouche pas vraiment mais qui a la place fait couler des trucs dans les bronches ce qui fait qu'on tousse. Bref, le medecin a donne a Stephanie la dose de medicaments pour que ca passe et a prescit au moins 48 heures de repos avant de prendre les velos pour que la guerison commence bien. Nous on a pris le conseil tres au serieux, tellement au serieux qu'on a attendu trois jours sous les cocotiers. Au cas ou.
1 2...1 2, c'est bon vas-y Steph a toi la parole: Les derniers jours a Mui Ne n'en parlons pas... Premierement on aimerait pas trop vous degouter et deuxiemement on a franchement rien fait de different qu'au debut: plage, shakes, etc. Ah si quand meme il faut mentionner la maman de la dame qui a pris soin de nous depuis le debut de notre sejour au Suoi Tien Mui Ne Resort (on leur fait un peu de pub, ils meritent). Elle a a peu de chose pres 100 ans et pas toutes ses dents mais elle mene son monde d'une main de fer. Surtout, elle s'est pris d'affection pour nous, pauvres petites choses toussotantes et boutonneuses (rapport aux piqures des puces des sables qui heureusement ont eu le bon gout d'eviter nos belles geules d'amour), et donc le dernier soir on a eu le droit a un magnifique bouquet de fleurs et une assiette de fruits amenes directement sur la "terrace" de notre bungalow. Et quand elle s'est apercu que j'ecrivais mon journal de bord tres inconfortablement (imaginez sur une chaise longue c'est franchement insupportable) elle a fait rappliquer en vitesse un jeune homme qui m'a amene une plus grande table pour que je puisse continuer dans de meilleures conditions... Ah et plus tot dans la journee, on a aussi eu droit a la photo souvenir devant le resort (envoye par internet par la gentille dame). Et voila, ca c'est nous tout content...
Pff... on repart vraiment demain???
Oui, finalement on est effectivement parti le lendemain pour Ca Na, 126 kilometres plus loin mais toujours au bord de la mer. C'etait une longue etape pour commencer, surtout qu'ici c'est pas tout plat comme au Cambodge, mais bon avec le vent dans le dos ca a ete vite boucle. La route etait superbe, la mer turquoise a droite et les dunes a gauche. Le seul petit probleme qu'on ait eu, on le doit a l'obsession anti-moustiquienne d'Arnaud. En effet, lors d'une petite balade pour aller voir les dunes depuis Mui Ne quelques jours plus tot, on avait failli s'intoxiquer parce qu'au moment de boire l'eau de nos gourdes a grandes lampees, on s'est apercu que l'eau avait le gout... d'anti-moustique... Ben oui, les gourdes sechaient ouvertes dans la salle de bain qu'Arnaud avait soigneusement vaporise un milliard de fois (au moins) donc elles avaient bien eu le temps de recevoir une petite dose de ce produit. Croyant bien faire et voulant reparer ses betises, il a donc decide de les laver avec de la lessive en les rincant bien. Malheureusement ps si bien que ca, on avait l'impression de boire l'eau de la machine a laver. Genial vu que les 50 premiers kilometres c'etait sur une magnifique route neuve... mais deserte donc aucun moyen de racheter de l'eau. C'est marrant mais on avait pas trop soif finalement. Et precisons qu'il a quand meme fallu trois jours pour que le gout disparaisse completement. C'est vrai, c'est penible les moustiques, hein Arnaud?
Et ca c'est la vue de notre chambre a Ca Na...
Pour la petite etape Ca Na - Phan Rang (35km) rien de special a signaler, la route etait pas trop belle et bruyante, il a plu l'apres-midi tout ca, mais comme on etait deja arrive c'etait pas grave, sauf qu'on avait envie d'aller a la plage... Voila comme ca vous savez que non toutes nos journees ne sont pas exceptionelles! Donc les 35 km c'etait en vue de la journee suivante, un repos physique et une preparation psychologique, mais a quoi dites-vous? bon Arnaud dis leur t'en meurs d'envie:
Stephanie avait bien paru surprise quand j'avais tout de suite accepte le detour par l'interieur des terres, mais ce n'est qu'en regardant le denivele qu'elle a compris pourquoi. L'idee, donc, c'etait de quitter la cote pour quelques jours et rejoindre un parc national dans le centre-sud du Vietnam afin d'y faire un treck en elephant et tenter d'y voir les quelques animaux sauvages qui restent en Asie du Sud-Est (avec l'espoir de pouvoir faire un calin a un bebe tigre forcement...). Bon vu comme ca sur la carte, pour une novice, ca n'avait pas l'air trop complique... moi au fond de moi je me disais "ahhhh enfin un peu de sport!". Et effectivement, du sport on en a eu en partant de Phan Rang. Apres l'avoir mise au parfum quand meme quelques jours avant, nous sommes partis de tres bonne heure (4h45), dans la nuit la plus complete pour une journee de 110km, 1500m de denivele, et deux cols hors categorie (dixit :el gato pruno). Nous avons d'abord franchi 50 km en montee legere avant d'arriver en bas du massif ou a ma grande joie (parce que steph, elle est s'en fout pas mal de ce genre de truc), se trouvait une enorme centrale hydroelectrique toute neuve dont les conduites forcees formaient un sillon dans la foret depuis le sommet (inutile de dire que les gardes armes jusqu'aux dents qui se trouvaient devant n'offraient pas de tour organise pour visiter les installations).
La montee etait separee en deux et coupee par un plateau sur lequel nous avions tout d'abord pense trouver un hotel. Mais aux dires des gens de Phan Rang, les villages qui s'y trouvaient etaient trop petits pour qu'on y trouve un quelconque logement. Qu'a cela ne tienne, nous ferons la montee en une fois si nous ne trouvons rien en route (d'ou l'heure de malade a laquelle on s'est leve). L'ascension du premier troncon fut superbe et calme, tres peu de trafic, de 100m a 9h10, palmiers et cocotiers, nous avons atteint 900m a 11h30, 18km plus loin. Mais juste avant d'atteindre le premier col, dans le dernier virage a epingle a cheveux, nous voici encercle par une horde d'enfants voulant nous vendre ananas ou boissons fraiches. Fatigues et les jambes tramblotantes, on s'arrete volontier dans un des nombreux petits stands "parasols et chaises plastiques" sur le bord de la route. La jeune vietnamienne qui tenait le stand nous appprend alors qu'il y a bien un hotel sur le plateau a Don Duong (la ville se trouve sur ma carte, tout va bien), mais que c'est facile de franchir le second col et de rejoindre Dalat dans la journee (elle ne devait pas faire beaucoup de velo celle-la).
Il est environ 12h30 quand nous repartons, et nous decidons d'essayer de nous arreter dans le coin et de faire le reste du trajet le lendemain, mais reste encore a trouver l'hotel. Un peu avant 14h00 nous arrivons au croisement dans la ville de Dran: a droite Dalat 36km ( et ca monte sec), a gauche Thanh My 16km (ou Don Duong, d'apres ma carte il y a deux noms). Apres moultes discussions et hesitations on decide de prendre a gauche et c'est ainsi que, 1h30 et 16 km plus tard (avec un vent violent de face) on arrive enfin a Thanh My. Leger, mais alors tres leger probleme: pas d'hotel en vue, rien... et Merde! Il est 15h30, le soleil se couche dans 3h, on est creve et c'est pas possible de rejoindre Dalat en velo aujourd'hui, trop loin trop tard. Je demande dans un cafe internet s'il y a un hotel en ville (merci la traduction de "hotel" dans le lonely planet, c'est la premier fois que ca nous sert), et la fille me griffonne un nom sur un bout de papier. On se rend a l'adresse en question, une grande maison neuve sur deux etages, un gros resto au rez de chausse... tiens c'est surement l'hotel dont on nous a parle. On rentre dans le resto et je m'adresse a une des filles se trouvant la, je lui montre mon guide, la traduction de "hotel", elle se retourne vers les autres filles, et voila qu'elles commencent a discuter en vietnamien (un petit espoir commence a naitre dans notre esprit), finalement elle se retourne, et me fait "non desole" de la main (un de ses signes qui ne demande pas de traduction et qu'on comprend tout de suite). J'insiste un peu, perplexe car visiblement ca ressemble quand meme un peu a un hotel, et en plus comme elles ont discute, c'est bien que quelque chose est possible... Non?...Non! On commence a se demander si c'est pas simplement un endroit reserve aux vietnamiens. Je fais alors ce genre de tete desole et plein de detresse qui ne demande pas non plus de traduction et la dame (la mere) nous fait assoir pour manger (parce qu'elle avait surement du entendre nos estomacs rugir). La on est un peu depite, surtout que dehors il se met a pleuvoir des cordes. On nous sert a manger, et pendant le repas la maman vient nous dire avec un grand sourire (en langage des signes bien sur) que c'est bon pour dormir, on peut rester la... ouf!!! Toujours persuade que c'est un hotel, on decharge les affaires, on nous montre une chambre a l'etage (tient ca ressemble pas trop a une chambre d'hotel, et en plus des chambres, il n'y en a que trois) et on s'installe. Sur notre etage, trois chambres, deux toilettes, une douche et une immense piece vide (peut etre une sorte de refuge ou de salle des fetes). On a la confirmation que ce n'est pas un hotel quand on demande le prix de la chambre et qu'on nous fait comprendre que nous sommes invites...
Apres la douche, le proprietaire arrive avec un jeune qui parle anglais et quatre cafes glaces, super on va pouvoir tirer ca au clair. Ils sont super sympas, on discute de ou on vient de ce qu'on fait tout ca, et on apprend que le jeune qui parle anglais (qui est le neuveu du proprietaire qui parle pas un mot d'anglais, mais qui rigole tout le temps) est un etudiant en theologie a Rome et sera ordonne pretre l'annee prochaine. Il s'appelle Martino, il a une tante et une cousine qui etudient la theologie... a Fribourg, ville qu'il a eu l'occasion de visiter Noel dernier. Il nous explique aussi que la maison de son oncle (celle ou nous nous trouvions justement) etait construite sur une tombe qu'ils ont du deplacer apres coup parce que l'esprit derangeait les animaux et hantait les lieux. Cette maison donc n'etait pas du tout un hotel, mais un restaurant et une salle de reception pour les mariages d'ou la grande salle a l'etage. Le proprietaire est un agriculteur qui possede 4 fermes et emploie 60 personnes; il a fait construire recemment trois maisons (toutes 3 hantees) et possede egalement plusieurs hectares de terre (une bonne situation quoi). Donc pourquoi nous avoir envoye ici? Et bien, nous repond Martino, probablement parce que sa tante qui est connue pour etre tres genereuse n'aurait certainement pas refuse le gite a deux voyageurs. On discute longtemps, sur les entrefaits on recrute une amie none qui parle francais, soeur Fransisca, et on telephone a la tante qui est a Fribourg a qui nous discutons un moment au telephone. Puis vient le souper, nous sommes bien entendu invite, et des invites d'honneurs (des suisses de Fribourg imaginez!). Et attention, ici on ne fait les choses a moitie: barbecue d'emince de chevre marine, frites et salade et legumes. Nous sommes six a table, Martino, soeur Fransisca, le proprietaire et sa femme, Steph et moi. La dame ne mange pas, elle fait le service et mangera plus tard s'il reste quelque chose, nous apprend Martino. On mange bien, meme tres bien, et au moment ou on commence a refuser les nombreux services de madame, arrive un enorme poisson frit. Et ca recommence... forcement ca ne se refuse pas, surtout que ce n'est pas le genre de truc qui est quotidiennement au menu, donc je rempli mon deuxieme estomac (ils sont ravi de voir a quel point je mange beaucoup). Stephanie, elle, a cale depuis longtemps, et mange donc lentement: je me charge de sauver l'image, elle de sauver ce qu'elle a encore dans le ventre... A la fin du repas on telephone encore a la niece qui est a Fribourg, puis dodo dans une chambre qui est a une de leurs filles partie faire des etudes a Saigon. Ah oui petite precision, nous sommes maries bien sur, parce que sinon c'est chambre a part.
Le lendemain on se leve tot, on a encore 56km a faire, et 600m de denivele, mais avant de repartir nous devons faire une visite des fermes de notre hote, tres fier de nous emmener voir ses vaches. On avale un cafe en vitesse, trop content d'echapper a la soupe de nouilles traditionnelle, et on part pour une heure de visite en camionette a travers la campagne ou nous avons l'honneur de visiter l'exploitation (impressionnante pour une petite entreprise de montagne dans ce pays) avant de revenir au bercail. Entre temps, nos petites cuisinieres n'avaient pas chaume, et quelle ne fut pas notre surprise de voir deux grosse assiettes de spaguetti bolognese fumantes qui nous attendaient. Stephanie me regarde l'air panique, il est 7h30, et son estomac qui se remet a peine de la claque du soir d'avant fait un tour et crie au secours. Impossible d'y echapper, ca serait vraiment pas poli de refuser, alors c'est parti le plat de spagouze apres le cafe avant de reprendre la route...
Moi les spaguetti j'aime bien ca, et finalement a 7h30 ou 12h00, ca change pas grand chose, du moment que c'est pas au saut du lit.Tout le monde n'est pas constitue comme moi, et la pauvre Stephanie a senti ses intestins se revolter pendant tout le trajet de Dalat (sur le moment c'etait vraiment pas le truc sur lequel faire des blagues, j'ai teste mais pas re-essaye...). Ce deuxieme troncon fut superbe, une jolie route de montagne a travers une superbe foret de pins. Au sommet (vers 1600m), un bon vieux crachin nous prend de face, accompagne de fortes raffales de vent sous un ciel bien gris: "ahhh la on sent bien les elements, c'est cool non?"... reponse ... "mais c'est quoi ce temps de merde, moi je fais pas une semaine comme ca!"... et oui, c'est une Belaz, sa grand-mere serait fiere d'elle... La suite du trajet une fois sur le haut, est une succesion un peu penible de montees tres raides et de descentes cramponnes sur les freins pour finalement arriver a Dalat vers 14h00. Apres manger on se met a la recherche d'un hotel. Il y en a plein, mais tous pleins ou pourris, c'est un special conge (salut Niko) pour les vietnamiens et comme c'est une ville super vietnamio-touristique... Comme notre bonne etoile etait revenu en forme de ses vacances, voila qu'elle se met vite a bosser et nous degotte une dame en scooter qui passe par la apres ses courses et qui nous escorte jusqu'a sa toute nouvelle guesthouse encore inconnue des touristes et des tour operateur. Qui dit neuf, dit "tout marche sans risque d'electrocution", lit confortable, eau chaude et en plus c'est pas cher et elle prepare le petit dej super copieux: deux baguettes, confiture de fraise et des fruits. C'est pas beau ca?
Voila si vous voulez en savoir plus sur la ville de Dalat, c'est dans le deuxieme article, moins de lignes plus de photos. Promis.
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