Bon, on reprend calmement, cette fois-ci en mettant la ceinture et les bretelles (savegarde sur trois supports differents). Quoique... on est sur de rien, il y a deja eu une coupure de courant il y a 20 minutes a cause de l'orage... Donc voici le recit de notre periple de Bangkok jusqu'a Ta Phraya ou nous sommes aujourd'hui.
STOP!!!!Petit intermede
On laisse cette petite introduction qui n'est pourtant pas d'actualite. Euh oui, en fait apres la coupure de courant c'est le serveur du site qui n'a pas fonctionne. Donc le texte il etait tout bien RE-tape, mais on pouvait pas vous en faire profiter. Meuh non c'est pas vrai qu'on est maudit. QUelques fois le sort s'acharne un peu sur nous. Mais Bouddha a eu pitie de nous, la ca fait deux jours qu'on du beau temps pour pedaler... Enfin bref, on est donc plus a Ta Phraya mais 100km plus loin a Nang Rong. Voila comme ca on a une journee de plus a vous raconter et des photos supplementaires a mettre dans l'album...
Fin de l'intermede
Les semaines passees avec Seb et Caro a Bangkok etaient du pur bonheur. La ville n'a presque plus aucun secret pour nous, quoi qu'on sait toujours pas prendre le bus (y a pas de plan de bus, et tout est ecrit en thai. De plus deux bus avec le meme numero a differentes heures ne vont pas forcement au meme endroit) sauf quand on a du bol et qu'on veut aller dans la meme direction que la ou travaille Caroline, qui nous a drive une fois. Question transports publics' il y a eu le bus donc (num 59 et 77), le tuk tuk (c'est des malins, donc une fois ca suffit), le bateau freestyle super fin qui circule super vite dans les nombreux canaux (les controleurs ont des casques et pour passer sous les ponts il faut mettre la tete sous les genoux), le taxi (rose bonbon avec un spoiler enorme et des gentes 18 pouces),le car climatise (les toilettes c'est comme sur un chantier, sauf que c'est plus etroit, plus bas, et que ca bouge comme un shaker... je vouslaisse imaginer l'etat dans lequel on se trouve quand on y ressort), le bateau de pecheur reconverti en taxi (rien de special a part qu'a l'accostage, on traverse quatre bateaux pour enfin arrive sur le ponton), et finalement le minibus turbo sans assurance, pilote par des chauffeurs qui roulent comme des malades.
Et c'est d'ailleurs avec un de ces bus que nous sommes alle visiter une des anciennes capitales de la Thailande, Ayutthaya, le vendredi 12 mai alors que nos guides, accompagnes de Nicolas et Melanie, etaient en visite a Angkor. La ville compte pres de 400 temples que nous avons bien entendu tous visites, mais on en a photographie que cinq. Donc impressionnante journee et impressionnants monuments (dont certains sont en ruine mais pas moins beaux pour autant) qui n'ont rien a envier a nos grande cathedrales. Les photos de l'album parlent d'elles meme je crois. Ce dernier week-end a Bangkok nous a aussi permis de preparer le velos (montage et verifications de routine) ainsi que de decouvrir les derniers quartiers (les incontournables de Bangkok, dont l'incroyable Chinatown) avant de nous plonger dans un univers plus sauvage et moins bruyant (quoique certaines betes developpent un niveau sonore impressionant avec seulement deux petites pattes de 8 millimetres).

Le depart de Bangkok fut mouvemente. A 6h00 on quittait la chambre pour faire notre premier trajet en velo a travers la ville en pleine ebullition matinale. Des notre depart nous avons fait sensation, ca riait, ca criait "Hello!", ca klaxonnait joyeusement (on a surement du passer dans le journal). C'etait quand meme pas mal stressant, surtout les premieres minutes, parce qu'a Bangkok,la circulation est infernale et le code de la route n'existe pas sauf peut-etre celui du plus fort et du plus culotte. Mais finalement ca s'avere presque moins dangereux en velo parce que c'est apparemment les seuls vehicules qui ont droit a certains egards: voitures et scooters faisaient attention a nous et nous ont toujours laisse la priorite surtout quand on avait l'air un peu perdu. Apres quarante minutes on etait quand meme bien content d'arriver a bon port, c'est-a-dire la gare des bus. On avait difficilement pu reserver deux billets pour Chanthaburi le samedi precedent (imaginez: une employe qui parlait deux mots d'anglais et deux touristes qui ne savaient du thai pratiquement que "fried rice" et "pas epice"). Donc a 8h00 depart pour Chanthaburi au sud est de Bangkok a 4 heures de bus. Nous avons decider de nous eloigner de la megapole pour trouver des route un peu plus sures. Petite anecdote symathique, a notre arrive a la gare le chauffeur impressionne par le paquetage et surtout tres interesse par la remorque (qui fait l'unanimite en Thailande) nous a reserve un compartiment complet pour notre matos tout en s'agitant joyeusement autour de nous. Ca commencait franchement bien!

Arrive a Chanthaburi, nous avons trouve un petit hotel tout comfort pour 5CHF/nuit apres avoir une fois de plus attire l'attention de la population et provoquer des rires et des exclamations a tous les coins de rue (ca n'arrete pas je vous rassure, y'en a meme un qui s'est arrete pour qu'on le prenne en photo avec les velos aujourd'hui en pleine rase campagne). Nous sommes restes 4 jours complets dans cette ville pour visiter les nombreux sites touristiques environnants, mais aussi pour etudier le temps avec toute la precision suisse de scientifiques meticuleux. Et oui, ici la meteo est un sujet de master pour les plus erudits des sages zens bouddhistes.
Le temps, comment donc exliquer son fonctionnement... Tout d'abord, il faut preciser que nous sommes au debut de la saison des pluies. Dans cette derniere phrase, il y a "des pluies", et oui parce qu'il y en a plusieurs ici. Voici comment cela se presente: la nuit il pleut beacoup, du genre 100 litres au metre carre pendant 15 minutes toutes les 30 minutes (on s'en fout parce qu'on dort pas sous tente nous... clin d'oeil a Blaise et a Myriam qui se trouvent en Republique Tcheque). Le matin c'est une entre-deux phases compliquee qu'il faut bien minuter. Alors quand on veux sortir ca se passe generalement comme ca : "C'est bon il pleut plus, on peu y aller depeche-toi", "Ok j'arrive, je vais vite faire pipi avant", deux minutes plus tard "laisse tomber il recommence a flotter, on essaiera une sortie pendant la prochaine fenetre meteo". La fin de matinee et l'apres-midi, il fait generalement couvert et sec, sauf exception (il y a en moyenne 1.3 par apres-midi). Le soir c'est comme le matin "il ferme a quelle heure le resto?", "a 22h00", "alors il faut pas louper la prochaine fenetre meteo si on veux arriver avant 21h30 et sec, donc va vite faire pipi".
La vous pensez qu'on a tout le temps du temps pourri, mais on a quand meme pas mal d'eclaircies pendant qu'on pedale (des fois des averses quand meme), mais c'est pas plus mal comme ca, parce qu'au moins on brule pas sous le soleil a 40 degre (on a entre 25 et 30 tout le temps). La ca fait meme deux jours qu'il n'y a pas eu de pluie du tout. On va devoir revoir nos calculs...
A part l'exploration du ciel, nous avons fait 100km pour nous mettre en jambe. Une de nos excursions devait nous conduire a "une plage de sable fin ideale pour la relaxation et la meditation" (dixit le guide pour les touristes qu'on nous a donne a notre arrivee). Et bien, apres 35km de velo dans un paysage magnifique (on s'est perdu puis retrouve deux fois... satanees cartes thaies toutes fausses!), la plage de sable fin etait en fait a l'embouchure d'une riviere et decoree de multiples sacs de plastique et autres objets de cette matiere (et non, c'est pas biodegradable comme les tas de pelures de fruits qu'on recontre parfois sur le bas cote de la route), l'eau etait comme aux Moutiers (pour ceux qui connaissent... pas ce qui a de plus claire) et le sable (grossier) s'arretait rapidement pour laisser place a une vase (comme aux Moutiers) douteuse (pas comme aux Moutiers). Arnaud s'est baigne (assi sur le bord, parce que quand meme on avait pedale pour ca, tant pis pour les problemes de peau), et stephanie s'est doree la pilule sous un arbre tout rigolo dans un endroit propre (parce que pedale pour meme pas bronze un peu... faut pas deconner).
Allez, on vous raconte aussi la fois ou on a voulu aller visiter un parc naturel "une foret tropicale dont la vegetation unique fait de ce lieux un havre de paix ideale pour la relaxation et la meditation" (meme brochure). Depart sous un ciel couvert pendant un crenaux temps sec (normal) et apres que tout le monde aie fait vite pipi. Transport en pick-up modifie, surement pas aux normes de securite suisses, pour un voyage de 30 minutes vers les montagnes. Alors juste une precision, en anglais foret tropicale ca se dit rain forest ("pluie foret" mot pour mot). Le parc etait en effet superbe, la vegetation luxuriante, la faune tres riche (voir plus loin), mais question relaxation c'etait pas tellement ca. Il a commence a pleuvoir des cordes d'amarrage de paquebot trois minutes apres qu'on ait paye les 200 B chacun pour l'entree. Bien sur, on avait pas pris autre chose que l'appareil photo, une bouteille d'eau, l'ecran total et des casse-croutes... Apres 15 minutes, comme il pleuvait toujours (on s'est dit que s'etait peut etre un cas particulier dans notre etude de la meteo) on s'est dit que comme on avait paye, on allait aussi voir et profiter quand-meme, surtout qu'on est pas en sucre. On a donc commence a gravir la montagne, sous la pluie torrentielle, dans une foret dense comme fou mais de bonne humeur parce que c'etait joli. La bonne humeur en a pris un coup lorsqu'un certain monsieur trop grand se soit pris une enorme araignee multicolore dans les cheveux. Panique a bord, branle bas le combat "elle est ou elle est ou tu la vois?????!!!!!!", "Bouge pas je vois rien!", "ohhhhhhh noooooon!". C'est pas drole du tout, parce que c'est toujours le meme qui se rammasse les trucs dessus (surtout les insectes... beurk!). Bon, arme d'un baton qu'il fit bouger de haut en bas devant lui, le valeureux dadet continua sa route a travers cette jungle effroyable, serre de tres tres pres par la petite mauviette. La cascade qu'on voulait voir se trouvait a quelques kilometres, mais apres deux chutes, trois araignees et 2000 litres de flotte dans la culotte, on a decide de rebrousser chemin. On a quand meme fait une ou deux photos de la chute depuis plus bas, donc la ballade n'etait pas completement loupee. Depites, mais neanmoins fiers d'avoir survecu, nous sommes sortis du parc, trempe jusqu'a la moelle. Pour rentre, on s'est dit que le stop marcherait peut etre... et en fait ca marche meme bien mieux que chez nous, en 26 secondes 8 centiemes on avait trouve un taxi : un pick-up plein d'eau et de pelures de fruits. Le trajet du retour fut froid et humide, a chaque coup de frein, on se retrouvait le derriere dans le mouillon. Mais ce fut agreable de se retrouver rapidement a l'hotel pour retrouver des habits secs apres une bonne douche... froide.

Apres ces quelques jours tranquilles d'immersion a Chanthaburi, ou on a d'ailleurs pas vu un seul occidental (Les thais pas souvent non plus apparemment), samedi 20 mai nous partions en velo pour la premiere journee de notre cyclo-voyage. Voici les differentes etapes jusqu'a ce jour. On a commence tranquille le chat:
Samedi 20 mai : 50 km, Chanthaburi - Pong Nam Ron
Dimanche 21 mai : 74 km, Pong Nam Ron - Wang Sombun
Lundi 22 mai : 71 km, Wang Sombun - Aranyaprathet (essayez de le prononcer a haute voix en vous pincant le nez)
Mardi 23 mai : tranquilles dans cette ville au nom imprononcable pour se reposer, regler quelques problemes techniques, et ecrire le blog... rien a dire sur ce dernier sujet, on en parle plus.
Mercredi 24 mai: 74 km, Aranyaprathet - Ta Phraya (ou nous avons donc passe un peu de temps devant l'ordi pour refaire le blog mais cf probleme de serveur expose plus haut)
jeudi 25 mai: 100 km, Ta Phraya - Nang Rong (mal aux fesses, mais une bonne glace au choc nous a vite fait oublie nos douleurs)
Quelques anecdotes bien juteuses de ces derniers jours? Allez, on vous dit tout:
Les chiens: la race canine doit etre genetiquement predestinee a courir apres les velos en gueulant comme des dingues. Eh oui, ici aussi ils font ca, et c'est relativement stressant au debut. Le premier contact avec ces betes idiotes a ete assez marrant... enfin, tout depend de quel point de vue. Arnaud vous raconte le sien: a l'entree du village, un groupe de chiens se repose sous le porche d'une maison. Ils me voient, reflechissent tres lentement a quel type de vehicule je puis bien apartenir, et au moment ou ils se rendent compte que je fais partie de la categorie de ceux qui ont les mollets a l'air, ils sautent sur leurs pattes et commencent a courrir comme des cons en gueulant pareil. Malheureusement pour eux, je suis deja loin et hors d'atteinte. Mais voici qu'a leur grand etonnement, un deuxieme de ces vehicules aux mollets bien appetissants vient dans leur direction. Continuant donc simplement sur leur lancee, ils harcelent la deuxieme pauvre petite cycliste qui d'un seul coup, ratrappe les 500 metres de retard qu'elle avait accumule sur 40km pour se coller a ma remorque. Voici, a peu de choses pres, ce que j'entends alors "ouah ouah ouah... ARNAUUUUUUUUUUUUD". Assez drole finalement. De mon point de vue donc...
Pas de morcure pour l'instant, mais nous deplorons un accident de poupee. En effet hier matin, un de ces molosses nous a arrache Bof (une poupee de chiffon represantant Arnaud) que Sebastien et Caroline nous avaient offert pour Noel, et que nous avions accrochees aux saccoches de Stephanie en guise de protection contre les mauvais esprits. N'ecoutant que notre courage, nous avons ete la recuperer, elle gisait lamentablement sur la route le chien l'ayant heureusement abandonnee, avec une trace de croc dans l'aine gauche (Arnaud espere ne pas avoir de probleme d'apendicite apres ca...).
Les chutes : il y en a eu deux. Une c'est Stephanie toute seule (depuis je me mefie des petits rebords). La deuxieme c'est Stephanie (qui regardait le beau paysage) dans Arnaud qui voulait prendre une photo du meme beau paysage (je me suis peut-etre arrete un peu brusquement je l'avoue). Resultat des courses, le casque ne fut pas de trop, le baume du tigre non plus, mais rien de grave du tout, juste un porte bagage un peu tordu, vite repare. Et une bonne "explication" sur les responsabilites respectives de chacun: Arnaud a ete (bien entendu... sale tronche ces Belaz) declare perdant et l'usage des sonnettes pour communiquer a ete adoptee... :-)
Les crevaisons : deux pour l'instant, dont une reparee avec l'aide d'un petit vieux thai tout rigolo qui nous a entre autres offert plein de fruits (du genre plein comme 2 kilos de bananes et d'autres fruits non-identifies pas forcement tres bons d'ailleurs). Nous lui avons donc offert a notre tour une petite carte postale de suisse avec un mot gentil dessus. Celui-ci trop content nous a rajoute quelques fruits et nous a remercie tres chaleureusement en me (Arnaud) frappant tres fort du plat de la main sur le bras ("ca doit etre une coutume locale" me suis-je dit en me mordant les levres et en continuant a sourire).

C'est tout pour les histoires croustillantes, enfin pour le moment... le reste du temps il nous arrive pas trop de trucs flippant, mais que du vrai bonheur a l'etat pur, donc bien moins drole a raconter. Decrire les paysages magnifiques que l'on traverse c'est un peu difficile voire meme carrement ennuyeux, il vaut mieux aller voir les photos. Et pour ce qui est des gens que nous rencontrons en chemin, on leur a consacre un article rien qu'a eux... (article "les rencontres")