Vendredi 30 juin 2006

Avant d'ecrire un article pour vous donner des nouvelles de ces derniers jours et de notre arrivee au Vietnam, on va d'abord finir par un dernier article sur le Cambodge, parce qu'il y a deux trois choses insolites qu'il faut encore qu'on vous racontre absolument. Oui parce que des trucs barges on en a vu plein, et les plus marrants sont dans la categorie des vehicules en tout genre. Vous vous rappelez sans doute quand on vous disait que les gens nous trouvaient tres rigolos avec nos velos venus de l'espace et nos tetes de champignons, et bien nous avons nous aussi eu l'occasion de bien rire.

Pour commencer, il faut bien avouer qu'effectivement les casques de velo donnent une allure parfois ridicule...

Mais quand, par exemple, un beau matin vous croisez quatre adultes en pijama mikey sur un scooter, c'est aussi tres rigolo.

Dans la famille des transports qui roulent je demande le velo; donc le velo il n'y en a qu'une seule taille, la grande, et pour tout le monde...

C'est un vehicule pouvant transporter jusqu'a trois personnes (souvent des enfants allant a l'ecole), et ce n'est pas toujours le plus grand et le plus costaud qui pedale. Nous avons vu une fois un gamin de dix ans sur un velo trop grand pour lui pedaler pour sa mere qui se trouvait, en amazone, sur le porte-bagage, le derriere sur un petit coussin... Sinon a part les personnes, les gens transportent tout et n'importe quoi sur leur velo, pourvu que ce soit bien ficele. Il y a quelques jours nous avons croise des chargements enormes de paniers en osier (2 metres de large et 2 metres de haut), on voyait presque pas le gars qui etait litteralement avale par son chargement (malheureusement pas de photos). Vous avez aussi le velo a remorque pour 1 ou deux personnes, 8 batteries de voitures, 5 gros bidons d'huiles ou ... un chargement d'oeufs frais

Vous avez aussi le model citadin avec le passager devant, son sobriquet c'est cyclo. Il peut transporter une, deux, trois, etc. personnes superposees, des planches de 6 metres de long ou encore un gros quartier de porc (malheureusement pas de photos de ce grand moment... on a pas ete assez rapide)

Toujours dans la famille des transports qui roulent je demande la mobilette. Chose surprenante au Cambodge, c'est la place qu'occupe la mobilette dans la vie des gens: c'est en effet , la meilleure amie de l'homme par excellence. Ainsi, cet engin peu acceuillir jusqu'a 5 personnes adultes (si si, essayez chez vous ca peut marcher), mais la plupart du temps le chiffre ne depasse pas 4. Ce nombre peu etre facilement double, notamment quand on y met des enfants. Vu la capcite de cet engin en terme du nombre d'occupants, cela en fait donc LE vehicule famillial par excellence. Il n'est donc pas surprenant d'y voir dessus deux parents avec leurs 3 ou 4 gamins. Comment font ils? Temoignage... l'autre jour sur la route, nous depasse a vive allure une mobilette bien chargee dont nous avons juste eu le temps d'analyser la configuration des occupants. Deux enfants devant le conducteur, un assis sur 3.4cm carre de siege, l'autre debout avec les main sur le guidon, la mere derriere le pere avec dans ses bras un nourrisson a qui elle donnait le biberon l'air de rien, le tout sans casque et lance a pres de 80km/h... normal (la pareil, pas de photo, c'etait un peu rapide). Sinon on a vu une fois aussi quatre adultes sur une mobilette, mais une des quatre devait etre un peu plus grosse que la moyenne, parce que la derniere personne, celle qui nous a dit coucou, etait assise en amazone avec seulement une fesse sur le siege (et elle s'accrochait comme elle pouvait aux barres sur le cote pour pas choper l'exema du goudron). Dernier exemple, tout a fait exceptionnel cette fois, c'est la configuration familiale a huit: papa et maman entoures de 4 enfants et finalement la mamie derriere qui s'accroche comme elle peut (c'est du vecu on vous le jure).

Et lorsque la mobilette seule ne suffit pas, on rajoute une remorque, mais attention, pas n'importe quelle remorque... voici un exemple de transport public tres rependu forme d'une mobilette (en fait ici c'est une moto de meme puissance) et d'une remorque de camion.

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 Mais les mobilettes ne servent pas seulement au transport de personnes, elles sont utiles egalement au transport de marchandises, et la, la liste des possibilites est infinie. Parmi quelques exemples choisis il y a le transport d'herbe fraichement coupee. Dans cette configuration, le chauffeur a tellement d'herbe derriere lui (une botte enorme plus haute que lui et bien plus large que le guidon) qu'il se trouve eclate contre le guidon, et pour ne pas gaspiller d'espace, il a encore sur les genoux une petite botte, et encore une derriere et devant les jambes, mais avec une petite remorque, on peu battre des records

Et ce n'est pas fini... Dans ce pays, on mange beaucoup de porc, on en eleve aussi beaucoup et forcement, arrive un moment ou il faut les transporter. Il existe donc trois manieres de le faire: premierement on le ficele vivant a l'envers dans un brancard de bois sur l'arriere d'un scooter. Ce type de transport est exclusivement reserve a madame la truie (ici il y en a carrement deux).

Deuxiemement, vous avez les porcs en barquette, soit une dizaines de porcinets dans une petite cage en osier attachee a l'arriere du scooter (malheureusement pas de photos). C'est trop drole parce qu'ils ont leur petit groin qui depasse de partout. Et finalement il y a le porc remorque, le porc, le vrai, celui qu'on invite chez madame pour le the un apres-midi ensoleille... (la il est creve, il a bosse tout l'apres-midi)

Voila sinon dans cette categorie moto, il y a les fameux tuk-tuk. Certains ressemblent a de petites carrioles, bien peintes et tres comfortables tirees par des petites motos ou des scooter, d'autres tiennent plus du tractor pulling et sont plus apparentees au Harley qu'aux mobilettes

Et pour finir, dans la famille des transports qui roulent je demande le taxi.  Vous l'avez compris, ici le transport est une histoire de necessite vitale, donc pour le transport a grande vitesse, il faut quatres roues, un moteur quelconque et un volant. C'est effectivement le minimum que l'ont ai vu sur la route: un chassi monte de quatres roues (completement lisses), le moteur a l'air, conduit par un pilote avec un casque de moto a visiere noire. Plus courant vous avez le taxi simple, pouvant acceuillir jusqu'a 15 personnes. On a pas de photos, parce qu'on aurait rien vu, donc on vous explique la configuration. Prenez une break comme la 405, mettez trois personnes sur le siege passager, le conducteur sur les genoux d'un autre et une personne au milieu qui s'occupe des vitesses, ca fait deja 6 en premiere classe. Derriere vous bourrez aussi 6 personnes, la deuxieme classe, et dans le coffre en plus des bagages et des poules, vous mettez le reste. Parfois on voit aussi deux personnes debout derriere (donc dehors), un pied sur le pare-choc, l'autre pendant dans le vide, s'accrochant comme elles peuvent aux barres du toit (quand il y en a), c'est la troisieme classe. Inutile de vous dire que ce sont des transports categorie rapide, donc 100km est une vitesse raisonnable quand ce n'est pas 120.

Apres les taxis de la mort, vous avez les minibus de la mort, c'est le meme principe, sauf que vous multipliez par trois le nombre de personnes et vous rajoutez deux scooter sur le toit (avec une personne assise sur chacun) avec les troisiemes classes assises sur les barres et quelques bidons qui pendent sur le cote (la quatrieme classe n'existe pas encore, mais ca ne serait tarder). Dans le meme ordre de volume vous avez le pick-up modifie avec, mis a part une craquee de gens dedant, une armada de poules et de canard ficeles sur le toit.

mais la version je demenage mon magazin de literie ca marche aussi... et forcement il n'y a pas de place pour tout le monde dedans

Voila... et tout ce petit monde carbure a l'huile et non a l'essence, sauf les vehicules recents (il n'y en a pas beaucoup, ou ils sont la propriete des riches de la capitale). Donc je ne vous raconte pas la fumee noire et le bruit que ca degage.

Alors finalement, c'est qui les fous dans l'histoire...?

Bon allez on finit par un truc moins marrant mais tout aussi surprenant... tout aussi Cambodge... On le sait ce pays est le pays le plus pauvre de la region et il a traverse des trucs pas tres drole du tout durant le regime des Khmers Rouges. Vu que c'est vraiment la cata, les riches pays occidentaux et asiatiques y mettent de leur poche pour tenter d'ameliorer la vie des Cambodgiens. Ainsi, de nombreuses infrastructures ont ete entierement financees par d'autres pays parce que le gouvernement n'en a pas les moyens, ou surtout parce que l'argent du gouvernement ce trouve dans la poche de ceux qui gouvernent. Par exemple, les japonais sont specialises dans les ponts et les Etats-Unis plutot dans les routes. Bon jusque la rien a dire mais passons de suite a la petite histoire croustillante du jour. Les gentils americains ont donc paye, notamment, une partie de route conduisant a Sihanoukville, une ville au bord de la mer et proche de la frontiere thailandaise qui draine donc pas mal de monde. Vu l'etat que peuvent prendre les routes ici c'etait en fait une riche idee pour que touristes et les riches de Phon Penh puissent se rendre tranquillement, l'espace d'un week-end, au soleil sans etre freines par l'idee de detruire voitures et fesses de passagers en s'y rendant. Mais une fois la route payee (sans doute avec moultes surfacturations histoire que deux trois pontes du gouvernement s'en mettent un peu dans la poche au passage) ce meme gouvernement si pres de son peuple a decide de vendre la route a une compagnie privee... qui s'est empresse non pas d'entretenir la route mais d'installer un peage aupres duquel les cambodgiens comme les autres doivent s'aquitter d'un droit de passage. Cherchez l'erreur...

Mais le gouvernement cambodgien peut faire encore mieux. Ce pays a la chance d'abriter une des sept merveilles du monde, on en a deja parle, ce dont finalement peu d'autres pays peuvent se vanter. Le droit d'entree est passablement cher, 20 dollars par jour, mais c'est vrai qu'ils en valent tres tres largement la peine. En plus, en tant que touristes obliges de se donner bonne conscience apres avoir envoye paitre 20 mendiants dans la journee, on se dit que ca a ete notre petite contribution a amener un peu d'argent a ce pays qui en a tant besoin. Au final donc, on est bien content que ca coute 20 dollars parce que c'est pas cher pour dormir l'esprit tranquille alors que nous on a meme pas voulu finir la soupe de maman et qu'on s'est plaint tous les jours qu'on devait aller a l'ecole (je vous raconte pas comment c'est difficile, pour la tete, de voyager dans les pays pauvres, et quelle gymanstique intellectuelle il faut faire pour avoir la mauvaise foi d'arriver a dire qu'en voyageant, on contribue a l'amelioration de la situation econimique des habitants, alors que tout ce qu'on veut c'est voir du pays en depensant le moins d'argent possible...). Tout ca pour dire qu'on repart d'Angkor doublement content... mais que toute notre elaboration theorique s'effondre quand on rencontre un autre voyageur plus informe que nous qui nous annonce, sans aucun menagement, qu'en fait le gouvernement a vendu le site, il y a quelques annees, a une compagnie petroliere. Et vu que le gouvernement ne fait pas grand chose pour l'amelioration des conditions de vie de ses citoyens autant dire que ceux-ci n'ont pas du voir la couleur de l'argent de la transaction. Pour rajouter encore une ombre au tableau, la compagnie petroliere a bien sur comme unique motivation l'augmentation du benefice et ne reverse donc que tres peu d'argent a la recherche sur le site, a son entretien et a sa conservation (ah si, elle entretient les chemins et les abores des routes, elle empeche aussi que trop de pauvres viennent tracasser les touristes)... On vous laisse imaginer les eventuelles consequences...

Dans le meme ordre d'idee, on a encore entendu parler de quelques histoires dans le meme style, des projets en cours ou en discussion comme par exemple: "l'achat" d'une ile entiere par le Vietnam, la volonte du Japon d'acheter du terrain et de construire un nouveau casino dans le parc national (!) de Bokor, meme idee de casino et de complexe hotelier sur une autre ile mais on a pas pu vraiment savoir encore quels pays sont sur la liste des acheteurs.

Quand on ajoute a ca le fait que le Cambodge ne favorise pas ses citoyens dans la creations d'entreprises ou de commerces (c'est le plus riche qui gagne et a ce jeu le cambodgien n'a aucune chance) on veut bien comprendre que tous les gens que l'on rencontre ici disent detester thai, vietnamiens, chinois, etc puisque pour eux ce sont tous des gens qui veulent voler leur pays, dont ils sont d'ailleurs extremement fiers. Et bien sur ils ne sont pas non plus amoureux des hommes politiques de leur pays meme si certains le disent moins franchement que les autres...

Tout ceci, et bien ca nous donne a reflechir sur l'impact du tourisme sur un pays aussi pauvre qu'il est corrompu... Pour nous ce n'est qu'une tranche de vie, un moment passe a essayer de comprendre le fonctionnement de tout ca, de trouver des raisons et de reflechir a des solutions. Pour eux tout ca c'est la continuation d'un long cauchemar ou le malheur prend des formes bien diverses.

par Bof et Baf publié dans : Au Cambodge
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Jeudi 22 juin 2006

Ca y est, on est revenu de la plage pour nous mettre quelques instants devant l'ordinateur et vous conter quelques morceaux choisis de la suite de nos aventures. Ah oui, on doit quand meme dire que nous sommes tres flates de savoir que notre blog vous plait et que le pool de nos lecteur s'etend au-dela de nos connaissance. Ainsi, nous saluons toute l'equipe de Friderici Special et souhaitons beaucoup de courage a Valerie pour apprendre a parler sans baver et a manger des bananes a l'heure du gouter avec sa logopediste ;-)

Bien alors cete fois on va pas vous faire une tartine, quoi que quand on commence, on est du style a s'emballer, donc si vous etes en train de faire un truc un peu chiant, c'est le moment de faire un pause.

On etait a Phnom Penh quand on a ecrit le dernier article et donc pour cette ville, nous avons pas grand chose a dire si ce n'est peut etre que c'est pas super joli, que les gens sont pas top les supers copains de nous, et que si on veut faire des photos dans le palais royal (qui est franchement pas terrible, voir completement ininterressant), il faut payer 2$ pour emmener son appareil photo... Comme on a paye, on a quand meme pris des photos, mais on va pas les mettre dans l'album ni dans le blog (donc c'etait debile de prendre des photos, mais comme on est pas tres intelligents, on est tout excuse).

Bref, on est parti un matin de juin de cette ville avec pour objectif de rejoindre la mer en deux jours avec une escale dans un petit bled a mi-chemin, Takeo. Normalement un trajet sans difficulte, mais seulement quand on a de la fievre, mal au bide, que le seul truc qui passe c'est le coca, et qu'on est hyper fatigue et tout faiblotin, et bien ca devient moins top. Arnaud a donc ete malade sur 200km, parce que rester a l'hotel c'est pour les lopettes et que tout ca c'est dans la tete (et dans le bide aussi finalement quand meme un peu). Il faut aussi dire que la perspective de se retrouver sur une plage dans un hamac avec un coca bien frais, c'etait aussi tres motivant apres les quelques jours un peu pourri passe dans la capitale. Quoiqu'il en soit le trajet a ete quelque peu l'enfer surtout que Stephanie veut bien etre compatissante le premier jour et malgre qu'elle ait dit 100 fois avant de partir "mais t'es suuur ur que tu veux pas repousser le depart d'un jour?". Le deuxieme jour c'est plutot "ecoute t'as voulu y aller alors maintenant t'avances un peu, t'arretes de gemir et non on va pas s'arreter boire un coca toutes les 20 minutes sinon on y sera pas avant la nuit". C'est donc dans ces conditions que nous sommes arrives a Kep sur Mer avec une deuxieme etape de 125km et que nous nous sommes apercus que la plage paradisiaque de nos reves s'etait transformee en bac a sable  plein de plastiques. On est quand meme reste un jour pour visiter cette petite ville ou il n'y a pas grand chose a voir, que des maisons abandonnes apres les Khmers Rouges, donc on a larve dans un hamac a boire des jus de fruit et a lire un bon polar a cote du bac a sable. Et le soir on a savoure un delicieux poisson au bord de la mer (quand il fait nuit on voit plus les dechets), bref on espere que vous nous plaignez, c'est dur la vie au Cambodge.

Le lendemain, on est alle sur un petite ile appelee Rabbit Island pour une nuit (les belles plages de sable blanc rendent l'endroit propice a la relaxation et a la meditation), et finalement on est  reste 3 jours et deux nuit tellement c'etait sympa. La plage etait pas mal du tout, et on avait un petit bungalow tout neuf en bambou (avec quelques fourmis, mais c'est pas grave) du style tres sommaire, mais vraiment chaleureux.

Alors que nous n'avions rencontre aucun francais depuis le depart du voyage, et pas vraiment parle a aucun autre touriste non plus (ohh les autistes que vous devez vous dire, mais on est timide c'est pour ca), nous avons rattrape tout ce retard sur l'ile. Au bout de 2 jours on etait comme a la maison, on etait installe comme dans notre chambre (avec les fourmis) on connaissait tout le monde, on se servait dans le frigo, on se balladait en slip tout le temps... bon d'accord pas completement comme a la maison, mais presque. Parmi les rencontres heureuse il y a eu Stephanie et son papa Mathieu, deux francais de Carcassonne qui ont bien roule leur bosse sur un peu tous les continents. Il y a aussi eu Anna, une Russe juive emigree a San Fransisco et avec qui on va peut-etre passer quelques jours a Saigon dans l'appart' de son cousin qu'elle investi pendant 2 mois pour garder le chat (cette histoire de gardiennage de chat me rappelle quelque chose... les interresses se reconnaitront). Et il y a eu finalement Frederic, un parisien qui voyage 2 mois par annee a travers, et parfois sur le toit du monde, et avec qui nous avons fait un bout de route, dont l'inoubliable Jungle Trekking de la mort qui va suivre (un peu de patience). Donc 3 jours de repos absolu partages entre baignades, lecture, repas, et grandes discussions sur tout et rien (et aussi des trucs qui font mal a la tete comme d'essayer de suivre une discussion super technique sur la politique sociale en France) comme il est bon d'en avoir parfois. Apres l'ile, nous avons rejoint Kampot (ou nous sommes maintenant) par une jolie route cotiere forcement magnifique et pleine d'enfants joyeux. Le soir nous avons organise le trek de la mort dans la jungle hostile de la montagne lugubre de BOKOR!

Bokor Hill Station (1070m) c'etait a la base une petite ville construite par et pour les francais dans les annee 1900. C'etait en fait un lieu dedie aux riches expatries qui pouvaient le long d'un week-end quitter la chaleur de la plaine et aller jouer leur argent au casino situe au bord de la falaise. Au cas ou ils auraient depense trop d'argent ils pouvaient meme aller a l'eglise catholique juste a cote pour se repentir un peu avant de recommencer. Mais quand les Khmers Rouges sont arrives au pouvoir, les francais sont partis, les villageois cambodgiens ont ete chasses et l'hotel-casino a ete transforme en prison ou les khmers rouges ont enferme et tue tous les intellectuels du coin. Disons que c'est un lieu strategique puisque avec la falaise juste a 20 metres on a vite fait d'en pousser un ou deux en bas pour donner l'exemple. Bref, du coup aujourd'hui c'est un parc national (la montagne est entouree par d'autres montagnes toutes recouvertes par une jungle bien epaisse) et on peut aller visiter la ville abandonnee, se promener dans le casion, l'eglise, la poste, etc. A la base l'idee etait de relever le challenge et de monter en velo comme des braves: c'est pour les petits mickeys de monter en mini-bus en buvant une biere et en mangeant des cacahuetes. Sauf qu'on a du abandonner l'idee quand on nous a decrit l'etat de la route qui elle aussi, tout comme les batiments, a ete laissee aux bienfaits de dame nature. Si un taxi cambodgien peut monter (ce qui n'est pas du tout une reference) on nous a bien fait comprendre que le chemin etait franchement impratiquable pour nos velos (pourtant a la pointe de la technologie vtt-iesqie). Du coup on s'est rabattu, avec Frederic qui lui voulait le faire a pied, sur l'option visite organisee en minibus; on voulait quand meme pas passer a cote de la ville fantome. Mais quand on a fait les reservations, nos yeux ont saute sur un autre depliant qui lui proposait un Jungle Trekking, c'est a dire 5 heures de marche le premier jour pour atteindre Bokor, une nuit dans un nouveau batiment (on doit pas dormir dans les maisons abandonnees a cause des fantomes. Si si c'est vrai) construit a la base pour les militaires et les rangers en entrainement dans le coin, et une marche de 8heures le deuxieme jour pour redescendre sur la plaine et terminer par un retour a Kampot en bateau sur le fleuve (les bieres sont offertes aussi la mais au moins elles sont meritees). Pourquoi faire simple quand on peut faire complique... en 5 minutes on avait pris la decision de tenter le trekking.

Le matin a 8 heures, notre chauffeur et notre guide nous attendaient devant la guesthouse. Frederic attendait d'ailleurs aussi un peu parce que nous on est toujours un peu plus lent que les autres entre Arnaud qui verifie 15 fois l'inventaire du sac et Stephanie qui, c'est bon on connait, doit vite aller faire pipi une derniere fois. Mais bon on a embarque et notre chauffeur (enfin plutot notre pilote de rallye) nous a monte un bon bout sur la fameuse route qui vaut largement la description qu'on nous en avait faite. Au moins, pas un millieme de seconde on a regrette de pas y etre alle en velo. Apres environ une heure 30 de secousses et un arret pour voir une ancienne demeure du roi, on a enfin commence a marcher a moitie dans la jungle et a moitie sur le plateau au sommet. On a pas eu besoin du deuxieme jour pour comprendre que la jungle et bien c'est pas du tout du tout comme dans le livre de la jungle. Nous on attendait des singes sautant d'arbres en arbres, s'accrochant aux lianes et jouant avec les noix de coco, des elephants marchant en colonne en se tenant par la queue avec l'Aine sage devant et le petit dernier distrait derriere, des bebes tigres qu'on peut caliner parce que ceux-la c'est justement la race qui mange pas les humains, des oiseaux avec plein de couleurs, etc. le tout bien sur avec en arriere fond sonnore "The Circle of Life" d'Elton John (les amateurs de Walt Disney imagineront aisement la scene). Ben c'etait pas ca du tout. Non, des "animaux" on en a vu et en grande quantite meme mais pas de la meme nature: des miliers de fourmis, de termites, une bonne vingtaine d'araignees (du genre plus grandes que la main d'Arnaud. Et quand on sait la taille de cette main...)...

...et des sangsues. Arghhh ca c'est le pire du pire. Les araignees comme ca grande on en aurait une dans la chambre on ferait une crise cardiaque et on appellerait les pompiers, mais dans la nature et quand c'est le guide qui est charge de les reperer pour qu'on les evite c'est supportable. Pas agreable du tout mais on peut encore prendre sur soi et ne pas faire une crise de panique. Mais les sangsues c'est juste completement ignoble. Personnellement je savais pas du tout que ca ressemblait a des vers (que c'est pratique quand on a justement la phobie des vers) qui se deplacent pas en rampant (ou en glissant je sais pas comment on dit et a vrai dire ca me passionne pas) mais comme des especes de ressort hop un coup sur la tete hop un coup sur la "queue". A vrai dire c'est difficile a expliquer peut-etre que ceux qui sont au boulo et n'ont rien a faire peuvent aller voir sur un site dedie aux betes de ce genre. C'est repugnant et en plus elles essaient bien sur de nous sucer le sang une fois qu'elles ont reussi a atteindre un bout de peau, jeu auquel elles excellent fort bien. Le plus drole dans l'histoire c'est qu'on a appris qu'on allait devoir faire avec ces bestioles quand on a vu le guide au bout de 10 minutes de marche le deuxieme jour (le premier ca allait encore) se mettre une deuxieme bonne grosse paire de chaussettes par-dessus ses pantalons. On s'est trouve un peu mal quand on a regarde les notres de chaussettes, super a la mode c'est a dire pile a la hauteur de la chaussure pas un centimetre de plus sinon c'est trop moche. La on essaie de pas paniquer. Heureusement, Stephanie a toujours des pantalons trop longs donc il a ete posible de les rentrer dans les chaussures. Ce qui bien sur n'a pas ete possible pour Arnaud mais bon hein c'est lui l'homme et c'est pas lui qui a la phobie des vers. Et on s'est mis en marche sans quitter plus de trois secondes nos chaussures au cas ou une sangsues tenterait l'ascension. Arnaud a rapidement eu recours a l'anti-moustique: ca les empeche pas de monter mais apparemment elles aiment pas trop le gout donc elles commencent pas a se goinfrer. Stephanie a cru franchement pendant un bon moment qu'elle y echapperait mais non elle aussi a senti tout d'un coup comme une petite brulure et a constate que trois de ces saletes tentaient de faire une entree derriere la languette de sa chaussure. La il faut respirer beaucoup, se retenir de hurler (le fait qu'il y ait deux autres tierces personnes qui croient encore qu'on est quelqu'un de tout a fait normal aide beaucoup) et tenter d'aligner deux phrases coherentes pour faire comprendre le probleme a Arnaud et qu'il fasse quelque chose nom de d... (se retenir de hurler c'est juste possible alors la les injures c'est franchement tout ce qu'il nous reste dans ces moments. Heureusement que je suis plus taxee 1 franc par vilain mot parce que mon budget voyage se serait envole et c'est popa moman qui se paieraient des belles vacances avec mon argent!) Mais bref on s'en est tire avec deux morcures chacun ce qui n'est rien en comparaison des tentatives qu'on a essuye. Et il faut quand meme dire que c'etait quand meme genial cette marche dans la jungle. La on insiste sur les trucs qui sont pas droles pour nous parce qu'on sait que ca va l'etre pour vous mais on a quand meme passe un super week-end. En tout cas on etait bien creve et le final en bateau sur le fleuve a ete absolument magnifique.

Il nous a bien fallu un jour pour retrouver nos esprits et reprendre un vie normale pendant laquelle nous avions prevu d'ecrire le blog et de nombreux mails a tous nos nombreux amis formidables. Malheureusement c'etait sans compter la coupure de courant entre 8h30 et 17h30 pour la renovation des installations haute tension de la region. Bref on s'est rabattu sur un massage fait par des aveugles (comme il n'y avait pas de lumiere ca allait bien), de la lecture dans un hamac, et des siestes tranquilous. On a quand meme rassure les parents vite vite le soir avant d'aller voir le match de foot Suisse-Togo (youyouyou on a gagne... enfin nous on se fatigue pas trop, on boit de la biere en se grattant le ventre). Le lendemain nous sommes parti pour Sihanoukville, 100km de route cotiere superbe. Cette ballade aurait pu se termine a 105km, si une certaine personne qui veut jamais faire comme tout le monde ne s'etait mis en tete de trouver la guesthouse impossible a 5$, les pieds dans l'eau sur une plage paradisiaque mais presque, avec acces internet, resto, et ecran geant. Apres 15km de recherche, nous avons bien trouve la belle plage, mais pas la guesthouse. Celle-ci se trouvait 10km avant, dans le quartier ou tout le monde normal va. C'est la que nous nous sommes donc rabattus. On avait pas les pieds dans l'eau (la mer etait a 150m et il fallait traverser une route), mais on avait le bungalow a 5$, l'ecran geant, le resto et l'acces internet. Par contre, un peu vexant, il y avait bien le truc impossible, mais comme on avait pas de carte on l'a pas vu a temps. Ce n'est qu'en rentrant aujourd'hui qu'on l'a trouve sur une carte se trouvant dans notre guesthouse de Kampot (super logique de mettre une carte d'une ville se trouvant a plus de 100km du lieu d'affichage). C'est pas grave tout ca pace qu'on s'est venge sur les fruit shacks et les cocktails. Bref apres un jour de playa, on est reparti en arriere sur la meme route cotiere superbe pour arrive apres 105km (c'est tout) a notre point de depart, Kampot, ou il n'a pas fallu 2h pour trouver une guesthouse puisqu'on l'avait deja, la bonne adresse.

Sinon petit apparte, Arnaud s'est rase la tete voici Arnaud Avant:

 

Et apres:

 

Il y a du changement non?

 

par Bof et Baf publié dans : Au Cambodge
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Jeudi 8 juin 2006

Avant de commencer un nouvel article on tient d'abord a remercier toutes les personnes qui ont laisse un commentaire sur le site ou par mail. Ca nous fait bien plaisir de savoir ce que vous en pensez et on sait au moins pourquoi on persiste a passer des heures devant l'ordinateur a pester contre les connexions du Cambodge...

Parce que nous voila donc effectivement au Cambodge depuis le 29 mai a 11h40.  Rapidement un petit topo de ce qui s'est passe avant le passage de la frontiere avant de continuer ses des aventures qui deviennent de plus en plus "exotiques".

Vendredi 26 mai: on a visite deux superbes temples pres de Nuang Rong (voir photos)

Samedi 27 mai: Nuang Rong - Prasat : 72km sur une route desagreable pleine de traffic insuportable et dangereux (une jonction qu'on ne recommande pas surtout a velo). Du coup, le soir on s'est pris une grosse guesthouse avec air conditionne, petit frigo, toilettes normales (le bonheur) et draps propres qui sentent bons, pour 13CHF (8 euro)... ca va, on a pas trop casse le budget.

Dimanche 28 : visite d'un temple "pres" de Prasat. La journee fut constituee de 2 heures de bus tout pourri avec la porte qui ferme plus, mais une tele toute neuve qui passait "le transporteur 2" en thai, 1/2 heure de visite sympa avec un scooter-man pas causant mais efficace, et de 5 heures d'attente dont trois heures dans un petit village paume au milieu de la cambrousse, couche sur un espece de grand lit en bambou devant une maison avec toute la famille, dont une grand-mere multi centenaire edentee, cinq ou six gamins, deux ados et deux mamans, a manger des trucs trop chelous mais supers bons.

Lundi 29 : Depart pour nos derniers kilometres Thailandais sur de vrais routes en bitume. Prasat - Samraong : 85 km et de nombreuses douleurs posterieuresques. Mais n'allons pas trop vite...

Apres nos derniers 40 km de route goudronnee en Thailande, nous sommes alors ce moment la sur le point de decouvrir la richesse des routes cambodgiennes. Me voila donc tout content d'arriver sur cette route qui m'a l'air bien sympathique, mais dont j'ignore encore tout... alors que dans le fond une voiture arrive a toute bombe a contre sens (en thailande on roule a gauche, au Cambodge a droite, mais dans la pratique, on fait comme on peut).

Rapidement, le sourire naif a l'idee de decouvrir ces nouvelles routes s'est en peu transforme. Pour comprendre,  petit topo de l'etat des routes ce matin la: bison fute a fait etat de routes defoncees en terre rouge. Le traffic bruyant et malodorant se constitue principalement de mobilettes super chargees (du style le chauffeur, sa femme assise sur un gros sac de quelque chose, lui-meme flanque de deux paniers plein d'autres quelques choses de chaque cote, et pour finir un bebe dans les bras de la dame), et de pick-up bondes de personnes et des quelques choses dans pleins de gros sacs avec parfois aussi des mobilettes au milieux des gens ou attachee derriere la voiture. Les ponts sont parfois tellement pourris qu'une route secondaire s'est improvisee au fil du temps contournant ce dernier a travers ce qui doit etre une riviere ou un marais en temps de pluie. Le soir d'avant il n'avait pas plu, heureusement, parce que sinon en plus de ca, les nombreux trous se remplissent d'eau rouge qui se repend sur les malchanceux se trouvant juste au mauvais endroit, au mauvais moment.  

Du coup on a ete bien content d'atteindre Samraong (Nord du Cambodge) en milieu d'apres-midi et surtout soulage une fois qu'on ait ete assure qu'il y avait bien une gesthouse parce qu'a voir la "ville" tout n'etait pas gagne.  Le soir, dans un petit resto, nous avons rencontre deux personnes de l'ONG ZOA (il y a une quantite incroyable d'ONG qui oeuvre dans cette region du Cambodge): un Hollandais tout guez et un Argentin taille comme un dieu grec (le bronzage en plus) qui nous ont oriente sur une route bien meilleure que celle que nous avions choisiepour rejoindre Siem Reap.  Siem Reap c'est la ville que l'on souhaitait atteindre en deux jours, et ou se trouve l'une des sept merveilles du monde, soit le site d'Angkor et ses nombreux Temples Khmers.

Le chemin fut en effet bien meilleur que le bout de route effectue le jour precedent, et surtout le paysage etait magnifique. Cette partie du Cambodge fut la derniere a etre liberee de l'armee  des Khmers Rouges, en 1998, et depuis la vie reprend gentillement, en partie grace aux differentes ONG sur place. Nous avons donc traverse des contrees extremement pauvres habitees par des personnes qui ne voient probablement que tres rarement des touristes (surtout de ceux qui ont un drole de ballon dur sur la tete et qui trainent une remorque derriere un velo immense), et l'accueil que l'on a eu fut extremement chaleureux. La maniere dont ils vivent ressemble beaucoup a ce qu'on s'immaginait du mode de vie a la campagne au moyen age. Les habitations sont faites de bois et sont surelevee sur pilotis afin de proteger les gens des inondations et des betes sauvages. Autour, se trouvent souvent quelques vaches et des cochons qui se promennent surveilles par un gardien, souvent un enfant. A vrai dire quelques fois ils semblent meme se promener en toute liberte! Le travail de force dans les champs et le transport sont faits avec des boeufs alors que plus au sud, les paysans utilisent des petits motoculteurs multi-usages. Le revenu moyen est de moins de 40$ par mois, alors autant dire qu'il n'y  pas de place pour les imprevus comme les maladies, les accidents ou pire une mauvaise recolte. Malgre cela, nous avons rencontre des gens tres souriants qui avait l'air de prendre la vie a la cool (on trouve parfois des gens qui se posent sous un arbre ou sur une pierre et qui sont juste la, sans qu'ils aient l'air de faire quelque chose en particulier).

La premiere etape (30 mai) comptait 75km entre Samrong et Along Veaeng et la seconde devant nous permettre ensuite de rejoindre Siem Reap en faisait 130. La region etant historiquement tres interessante, nous sommes reste un jour a Along Veaeng pour visiter en scooter-taxi avec un guide touristique officiel (attention ca rigole pas). Ainsi le 31 mai nous sommes alle voir la tombe de Pol-Pot, faite de toles ondulees et encerclee de bouteilles de biere vides (ce n'est pas une blague). La voici:

Nous avons aussi comtemple un panorama exceptionel du haut d'une montagne avant d'aller visiter... les toilettes de Ta Mock, un general de l'armee khmer Rouge qui a retourne sa veste en 1997, mais qui croupi quand meme dans une prison de Phnom Penh. Le tout dans un anglais tres difficile a comprendre, sur un scooter roulant a 80kmh  sur une route defoncee. Et oui, le Cambodge commence a peine a acceuillir les touristes, et disons que les attractions ne manquent pas d'originalite.

Le 1er juin nous sommes partis a 5h30 du matin pour franchir les derniers 130km qui nous restait avant Siem Reap. Le chemin etait agreable, les paysages toujours aussi magnifiques dans un cadre moyen-ageux extraordinaire. Nous avons toutefois eut un leger probleme en route. En effet, en traversant un village nous entendons soudainement des gens crier et en une minute nous sommes encercle par une dizaine de personnes surexcitees, visiblement tres perturbees, cherchant a nous dire quelque chose. Apres quelques secondes nous avons compris que quelqu'un venait de se faire mordre par un serpent et que nous devions le soigner. Ils nous montrait le fanion suisse, la croix blanche, et nous avons compris avec effroi qu'ils pensaient que nous etions medecins de la croix rouge. Nous avons alors essaye de leur faire comprendre que non, qu'ils faisaient erreur et que les couleurs etaient inversees, mais dans leur desepoir ils s'obstinaient a nous montrer la croix, a mimer le serpent et la morcure. Apres plusieurs signes de negation de notre part et de veines explications, nous avons du partir en vitesse alors que la tension augmentait rapidement, laissant derriere nous des gens dans l'incomprehension la plus totale. On espere qu'ils comprendront quand ils verront la vrie Croix Rouge passer.  Du coup, sur plusieurs kilometres nous nous sommes demande si nous avions adopte le bon comportement et si nous n'aurions pas du aller voir.  Mais je pense que cela aurait ete la derniere chose a faire, car ce geste aurait fait penser que nous pouvions vraiment faire quelque chose alors que ni l'un ni l'autre n'aurait su quoi faire. La route etant passsante, et les ONG toujours presentes, je pense qu'ils auront arrete une voiture et ammene la personne mordue dans un des dispensaires gratuit de la croix rouge. Nous de notre cote, on a decide qu'il etait plus sage d'enlever notre drapeau pour un moment histoire d'eviter les malentendus...

Ainsi apres trois jours et demi dans cette ambiance d'un autre temps, nous arrivons dans la civilisation bruyante et fourmillante de la principale pompe a fric du Cambodge, Siem Reap. C'est une ville qui a pris sont essor grace au tourisme avec l'ouverture du site d'Angkor et des ses temples aussi magnifiques que mysterieux. La ville n'est par consequent pas tres belle, le centre regorge d'hotels, de guest house, de cafes internets et de laundry, alors que la peripherie est plutot reservee aux locaux avec des maisons en bois parfois plus delabree  que ce que nous avons vu au nord et un environnement extremement sale ou trainent de nombreux detritus plastiques (encore une fois, rien a voir avec les campagnes "propres" du nord ). Un contraste tres marquant auquel s'ajoute l'absence de touristes dans ces zones la, alors que le Cambodge a l'heure actuelle, c'est en fait surtout ca.

Qui dit tourisme de masse, dit aussi affluence de personnes cherchant a tirer son epingle du jeu en prenant une activite relative au tourisme. Ainsi en 2h30 de ballade a travers la ville nous avons eu 24 propositions pour un tuk-tuk (soit environ une toute les 6 minutes).  Bon nombre de commerces font des prix speciaux pour touristes ( pas que ca nous gene de payer un peu plus cher que les locaux qui gagnent trois fois rien, mais certaines fois c'est carrement indescent) et souvent le marchandage est difficile ou mal pris. Alors que dans le nord les gens etaient accueillants et chaleureux, dans ce haut lieu touristique les visage sont fermes, les gens tres hypocrites et parfois meme mechants et moqueurs. Ce constat sera confirme plus tard par diverses situations ou on a ete temoin de moqueries ouvertes envers des touristes, et ou nous nous sommes fait insulter en Cambodgien. Ces comportements sont uniquement le fait des hommes qui sont souvent en groupe, a une terrace ou a attendre nonchalemment sur leur scooter qu'un touriste veuille bien faire un tour. Ils se mettent alors a mater de maniere insultantes les femmes touristes ou a se moquer des autres en rigolants ou en les imitant sans aucune gene. Stephanie a eut droit a des "Check me lady" ou encore a des "want to ride me lady" suivis de rire gras et de commentaires en combodgien. Les insultes viennent souvent apres une tentative ratee de nous vendre quelques chose ou de nous emenner quelque part. Je vous rassure, il y a quand meme des gens tres agreables et sympathiques, malheureusement ils ne sont pas nombreux. Nous avons peut etre ete particulierement choque par ceci, parce que depuis le debut de notre voyage nous rencontrons que des gens super sympa et tres respectueux, et que ce sont les premiers problemes que nous rencontrons.  A noter aussi que nous avons a faire dans les grandes villes qu'aux cambodgiens qui tentent de vivre du tourisme, donc pas de generalites abusives... ils ne sont pas tous comme ca... 

Plus joyeuses sont les visites, surtout le site d'Angkor. Nous  y avons passe trois jours a visiter la region, et les temples qui sont juste impressionnants. Ca se passe de commentaires car il manquerait de superlatif dans la langue francaise pour decrire le site. Nous vous laissons plutot apprecier les photos de l'album par vous meme.

Petit cote  agacant au debut, mais qui se trouve etre tres rigolo par la suite, ce sont les innombrables enfants qui vous vendent tout et n'importe quoi en quatres langues partout dans le parc d' Angkor, mais ceci je vous laisse le decouvrir dans l'article dedie aux enfants.

Voila, maintenant nous sommes donc a Phnom Penh, la capitale, que nous avons rejoint en bus le 6 juin. Cette ville est le point de depart de notre prochain tour qui nous emenera sur la cote et retour avant de rejoindre Ho Chi Minh City, anciennement Saigon, a la fin du mois de juin. Tout comme a Siem Reap, les hommes combodgiens y vont de leurs bonnes blagues machistes et matent comme des chacals. Les gens sont tout aussi voir encore plus desagrables envers les touristes, sauf quelques exceptions qui sont commes des coins de soleil dans un paysage inhospitalier. Nous avons meme ete aranaque par de faux mendiants, c'etait en fait des enfants en haillons de conivence avec la tenanciere du petit resto de rue dans lequel on mangeait et qui ont tente de nous faire acheter des nouilles en sachets pour un prix exorbitant, alors qu'on voulait nous plutot leur payer un bol de riz a chacun, comme on l'avait deja fait auparavant dans d'autres villes. Mais on a tout de suite vu qu'il se tramait quelques chose quand la tenanciere a dit qu'elle avait pas de riz (on en a vue une pleine casserole en partant) tout en nous montrant le prix des pates en sachets sur la carte aux prix speciaux pour touristes, des pates qui seraient probablement retournees dans la vitrines apres qu'on ait eut le dos tourne. Du coup pour avoir la paix on leur a donne un dollar qu'elles ont pris avant de partir en rigolant. C'est vraiment dommage, parce que maintenant on est super mefiant, meme avec les enfants. D'ailleurs nous avons eu plusieurs echos et histoires similaires aux notres venant confirmer nos impressions... Bref, on se rejouit de reprendre nos velos demain en esperant que le parcours sera un peu moins touristique et les gens un peu plus agrables.

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Jeudi 8 juin 2006

Faire un article sur les enfants que l'on rencontre au Cambodge c'est incontournable meme si certaines histoires ne sont pas toutes si droles que ca... On vous en livre quelques extraits parmi les plus marquants.

En rentrant au Nord du Cambodge la premiere chose qui nous a frappe et qui nous a fait bien plaisir (ca a compense les douleurs occasionnees par l'etat de la route) c'est que ce ne sont plus les chiens qui nous ont couru apres en aboyant mais les enfants en hurlant de joie (et la on exagere pas il faut les entendre pour le croire), en sautant sur place et en agitant les mains dans tous les sens. Le seul mot anglais qu'ils doivent connaitre c'est "hello" et ils s'en donnent a coeur joie! Il y a vraiment de quoi fondre et on a envie de s'arreter a chaque fois pour faire des photos. Mais quand il reste bien des kilometres a parcourir avant d'atteindre le seul village susceptible d'abriter une guesthouse on peut pas trop. Enfin pas tout le temps... En tout cas, c'est super agreable pour nous et on a plus a craindre de morsures au mollet. Par contre il faut tenter d'agiter la main aussi energiquemet que les enfants tout en essayant de ne pas tomber du velo (et de se prendre une mega honte par la meme occasion)et d'eviter les trous et les bosses. Dans ces conditions quelques uns ont du malheureusement se contenter d'un grand sourire legerement crispe ou d'un petit coup de sonnette.

Il suffit aussi simplement de s'arreter pour boire un peu et se reposer au bord du chemin pour qu'on se retrouve parfois cernes par tout un groupe d'enfants de 2(des qu'ils savent marcher en fait) a 12 ans, tres curieux de voir nos sacoches, la remorque et surtout la hauteur vertigineuse a laquelle gravite la selle d'Arnaud. Au moment de partir, ils nous font des grands signes et ceux qui ont un velo nous suivent pour un bout de chemin ou plutot essaient de faire la course, c'est vraiment super sympa. Bon hein faut pas rever on les gratte facile grace a notre super condition physique a faire palir de jalousie les cyclistes du tour de France. Bon ok c'est aussi un peu grace a nos velos qui ont un peu plus de vitesses et qui font beaucoup moins de bruits suspects...

Une autre fois, toujours pendant une pause rehydratatation (elles sont nombreuses il faut bien compenser le nombre de litres au 100 qu'on perd en transpiration), a quelques metres de nous, ont surgi de la foret trois enfants nus ou en haillons... on a toujours pas compris d'ou ils venaient ni comment ils nous ont vus mais en tout cas ils etaient un peu moins habitues que les autres aux blancs bizarres traversant le pays sur des velos tout aussi bizarres. Ils nous ont fait de grands sourires, des signes de la main mais n'ont jamais ose approcher de trop pres! On a reussi a faire une photo quand meme: Arnaud l'a prise en s'approchant un peu et lentement, pendant que Stephanie faisait des grands sourires diplomatiques en agitant la main genre on est des extra-terrestres mais promis on vous veut pas de mal. La il aurait fallu une photo pour avoir une idee de la scene dans son ensemble... On est finalement reparti, on s'est echange encore moultes signes de la main et dans notre retroviseur on les a vu encore longtemps au bord de la route a nous regarder jusque a ce qu'on soit hors de vue. La je suis pas sure que c'est l'eau qui nous a permis de retrouver un peu d'energie pour continuer a pedaler.

Toujours dans le Nord du Cambodge (partie la plus pauvre du pays puisque les khmers rouges y ont capitule il y a moins de 10 ans), a Samraong une autre rencontre a ete tres marquante... enfin surtout pour la pauvre petite fille en question... Nous nous promenions tranquillement sur les chemins de terre a
quand nous avons croise cette petite fille d'environ 10 ans sur son velo. Et la c'etait franchement a mourir de rire, surtout pour nous: en voyant la grandeur d'Arnaud, elle lui a jete un regard vraiment effraye avant de sauter de son velo, de le laisser en plan au bord de la route et de courir jusque chez elle ou elle a pu trouver un peu de reconfort dans les bras de sa maman, qui elle aussi a bien rigole! Celle-ci a du essayer de lui dire que c'etait normal (ou du moins possible) d'etre aussi grand mais elle n'a jamais ose lacher sa mere ni meme jeter un regard a ce geant venu d'ailleurs. Et elle n'a sans doute recupere son velo que longtemps apres notre depart quand tout danger a ete definitivement ecarte...

Arrives a environ 30 kilometres de Siem Reap (quand on a roule pour la premiere fois au Cambodge sur une route goudronnee) on a en meme temps retrouve un tout autre contexte, ou les gens, enfants y compris, sont bien plus habitues aux touristes. Ce sont donc a des enfants tout a fait differents que nous avons eu a faire meme si le point commun entre eux c'est sans doute et malheureusement la grande pauvrete.  Pendant notre voyage dans le Nord, on a  vu enormement d'enfants, bien plus qu'en Thailande, sans doute parce que beaucoup n'ont pas la chance d'aller a l'ecole. Les tres jeunes, jusque vers 5 ans environ, ne sont de loin pas tous habilles et n'ont en tout cas pas de chaussures. Plus tard on les voit pour la plupart dans des haillons, qui ont ete (peut-etre) un jour des habits. La plupart du temps, des qu'ils sont assez grands, ils aident les adultes dans les diverses taches quotidiennes. Mais malgre la situation, ils paraissent en fait tres heureux (ce qui doit etre le cas au moins pour ceux qui sont en bonne sante peut-etre pas pour les autres). Dans tous les cas, dans cette region, il n'y a apparemment pas beaucoup de differences de conditions et tous les enfants (et les adultes) qu'on a pu voir etaient plutot heureux de maniere generale et contents de voir des touristes commencer a traverser leurs villages. Pour eux, la situation ne fait finalement que s'ameliorer depuis qu'ils vivent enfin en temps de paix et du coup ils sourient et rigolent beaucoup. Ils sont curieux de nous voir passer et ont toujours ete tres acceuillant quand nous nous arretions manger une pasteque ou boire un verre dans une de leur echope. Mais des qu'on arrive a Siem Reap et dans les environs, cela devient tout a fait different. Il y a vraiment un grand ecart de conditions et on voit des gens dans une misere encore plus grande (ou peut-etre juste differente?) de ce qu'on a pu voir dans les campagnes. Ce qui n'empeche pas que, de maniere generale, la region est en fait bien plus riche et que les autres personnes elles vivent dans de bien meilleures conditions.  Mais en tant que touristes, il faut bien dire que nous n'avons a faire qu'aux enfants les plus pauvres et parfois le terme est franchement leger. Les autres ont la chance d'aller simplement a l'ecole sans devoir travailler apres (ou quelques fois a la place) et se fondent dans la masse des autres enfants que nous avons plus l'habitude de voir. Ils ont eux aussi l'habitude de voir des touristes et n'ont aucune raison particuliere de venir vers nous (surtout si on est a pied sans nos velos tire-l'oeil!) donc pour nous ils sont "invisibles". Les autres, on les rencontre a l'entree de chaque temple du site d'Angkor qui tentent de vendre des cartes postales, de l'eau, des bracelets, etc., le tout pour "one dollar". Ils sont super insistants et tous les moyens sont bons pour engager la conversation et essayer de nous faire acheter quelque chose. En tout cas ils savent tous un minimum vital d'anglais (on a moins de peine a discuter qu'a Bangkok, c'est dire!), savent compter jusqu'a 10 dans 23 langues et savent meme qu'il y a quatre langues officielles en Suisse (l'italien, le francais, l'allemand et le ... grosse hesitation... le dutch!). Ils nous demandent tous d'ou on vient et comment on s'appelle et sont catastrophes quand ils se rendent compte qu'ils ont pose les questions dans le mauvais ordre, c'est a dire comme on leur a appris. En resume, il faut bien avouer que meme si c'est quelques fois penible d'avoir 10 enfants a nos basques  qui nous supplient de leur acheter quelque chose, c'est juste impossible de s'enerver avec eux et de perdre patience alors qu'on a deja pourtant dit 10 fois non. Et comme on peut pas tous leur acheter quelque chose, on a pris le parti de plaisanter avec eux et en general du coup on rigole avec eux et ils ne nous en veulent pas trop. Une fois un petit garcon voulait qu'on lui achete des cartes (on avait deja pris 10 juste avant a un autre qui elle etait au moins presque majeure) et a essaye de nous faire la liste de toutes les personnes a qui on avait sans doute oublie d'ecrire. Il a ete completement desespere quand on lui a dit qu'on avait pas de maman, pas de papa, pas de freres et soeurs, pas de grands-parents et pas d'amis (toutes nos excuses a ceux qui se reconnaissent mais c'etait pour la bonne cause), je crois qu'il etait a la limite d'etre desole pour nous quand il a compris qu'on plaisantait et il a fini par bien se marrer aussi. Une autre fois une petite fille voulait nous vendre de l'eau et nous l'a propose pour 4 fois le prix qu'on paie d'habitude pour la meme bouteille. Arnaud lui a dit ok on t'en achete mais au prix juste. Elle l'a regarde d'un air desespere et lui a dit en anglais et avec une grande spontaneite: "mais c'est le prix ou MOI je les paie!". Bon la forcement que dire a ca? On l'a paiee plus cher note eau et avec le sourire en plus, ils sont quand meme forts ces gamins. Sinon un dernier exemple du genre: on mangeait un delicieux fried rice aux abords des temples quand deux petites filles sont venues nous proposer d'acheter quelque chose comme d'hab pour juste "one dollar". De nouveau on a rien achete mais comme de toute facon on etait arrete en train de manger on a commence a discute avec elles a leur poser des questions a leur apprendre des mots (prononcer Stephanie pas de probleme mais Arnaud il y
a un peu les sons "r" et "au" en trop). Au final, elles etaient toutes contentes et on a eu chacun droit a un dessin qu'elles ont sorti de leur poche en precisant que c'etait "for free". Bref, c'est vraiment facile d'etre patients avec eux ce qui n'est pas du tout le cas avec les adultes qui eux nous enervent beaucoup plus. Il est meme arrive qu'un homme qui suivait les enfants nous insulte sans doute parce qu'on etait quand meme gonfle de leur parler sans les arroser de dollars. Les femmes (les meres ou les tantes en  eneral) elles le prennent au contraire super bien. La fois ou on a eu droit au dessin on a ete servi comme des rois: ce n'etait pas une assiette de fried rice mais une montagne!   Mais a cote de ces enfants la il y a encore ceux qui sont plus pauvres et qui n'ont meme plus rien a vendre et en sont reduit a mendier simplement un peu d'argent ou simplement a boire et a manger. Dans ce genre la, une rencontre inoubliable mais difficile moralement avec une petite fille sourde et muette au sommet d'un temple ou l'on accede en gravissant je ne sais combien de marches. Elle est venue vers nous, nous a suivi un moment avant de montrer la bouteille d'eau qu'on tenait a la main. La forcement y a pas a hesiter on lui a donne mais d'un cote c'etait terrible de voir a quel point elle etait contente et reconnaisante pour un demi-litre d'eau qui nous avait couter a peu pres 10 centimes. On s'est alors soudainement rappele qu'il nous restait une baguette au fond du sac et on a ete la chercher pour lui donner et ed nouveau c'etait les grands merci, les immenses sourires et elle a ete nous ceuillir un bout d'herbe qui avait pousse entre deux pierres comme cadeau. Et de notre cote pas de quoi pavoiser on a du lui donner en tout l'equivalent de 30 centimes et encore, une misere. Ca nous a fait plaisir de la voir manger et boire et elle a encore pousse des cris pour attirer notre attention une fois qu'on etait redescendu pour nous dire une fois encore au revoir. Un rien emouvant pour une quelqu'une qui pleure deja en regardant l'age de la glace. Difficile aussi quand on se rememore l'episode avant de s'endormir et qu'on se rend compte qu'on a meme pas eu l'idee de lui donner un peu d'argent mais que sur le moment ca ne nous a pas effleure parce qu'elle ne nous a rien demander de plus. Bref, au moment de se reveiller on a encore comme un leger sentiment de culpabilite qui nous poursuit...

En ville de Siem Reap et de Phnom Penh, on en rencontre aussi beaucoup, soit seuls, soit en bandes, soit carrement utilises par leurs parents pour qu'on les prennent en pitie et qu'on donne de l'argent "pour l'ecole". On va pas vous cacher qu'on a eu de mauvaises experiences avec certains ce qui provoque l'effet contraire: a la place d'etre de plus en plus sensibles a leur situation on devient en fait de plus en plus mefiants. En clair, si on a eu quelques fois l'impression que l'argent donne allait a des  personnes et des enfants qui en avaient vraiment besoin, d'autres fois on a plutot senti qu'on s'etait surtout bien fait avoir. Et quelques fois par des gamins de moins de 10 ans... Bref, les voyages c'est aussi ca, perdre un peu de sa naivete en route...  On finira donc cet article par cette tres haute reflexion en forme de conclusion et peut-etre qu'il y aura matiere a un autre article sur le meme sujet. A suivre donc...

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